YouTube a déverrouillé en partie la monétisation des vidéos traitant du coronavirus pour les créateurs membres du Programme Partenaire YouTube. Toutefois, cet assouplissement s'accompagne de nouvelles règles à respecter pour pouvoir diffuser des annonces sur des contenus relatifs au Covid-19.

Virage à 180 degrés pour YouTube. La plateforme de vidéos a décidé de permettre de nouveau la monétisation de contenus audiovisuels sur le coronavirus. Depuis la mi-février, l’entreprise américaine avait pourtant décidé de ne plus l’autoriser, en arguant du fait qu’il s’agissait d’un contenu sensible, au même titre que d’autres thématiques controversées, graves ou tragiques.

Le revirement inattendu de YouTube a été annoncé le 2 avril 2020 dans un message paru sur Twitter. Néanmoins, il y a des conditions : seuls les membres éligibles au « Programme Partenaire YouTube » peuvent désormais accéder à cette monétisation, du moment qu’ils respectent scrupuleusement les « consignes relatives aux contenus adaptés aux annonceurs ».

En plus de cela, des restrictions spécifiques au Covid-19 ont été annoncées. En résumé, celles-ci visent à empêcher les créateurs et les créatrices de déraper en faisant n’importe quoi sur le sujet. Typiquement, trois cas de figure sont donnés en guise d’illustration par le géant de la vidéo : les fausses nouvelles, notamment médicales, les séquences heurtant la sensibilité des téléspectateurs et les mauvaises blagues.

Ni fausses infos, ni mauvaises blagues

Concernant les fausses informations, YouTube donne quelques exemples : le virus aurait été créé par un gouvernement pour l’utiliser comme arme biologique ; la 5G aurait fait naître cette maladie ou l’aiderait à se propager ; des groupes ethniques ou des réfugiés seraient responsables de la pandémie ; les laboratoires pharmaceutiques seraient derrière tout ça ; tout ceci ne serait qu’une gigantesque supercherie pour cacher autre chose.

En dehors de ces « allégations fausses ou non fondées qui contredisent le consensus scientifique concernant la cause du virus, l’origine ou la propagation du Covid-19 », explique YouTube, est également refusée la monétisation de vidéos promouvant des tests ou examens « non médicalisés » ou des « traitements dangereux ». Il n’est pas clair si cela inclut ou non les médecines alternatives, dont l’efficacité n’est pas prouvée.

Pour ce qui est des contenus éprouvants, YouTube vise les vidéos ciblant les malades (en particulier des patients très touchés) à l’hôpital ou dans tout autre établissement de santé, ainsi que les séquences montrant des personnes en détresse. Pour autant, des personnes toussant à l’image ou des scènes de la vie hospitalière ne causent pas de problème, si les extraits sont brefs et contiennent une valeur informative.

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Pour prétendre à de la monétisation, les vidéos doivent reposer sur des faits médicaux bien établis. // Source : Prachatai

Les blagues et les défis forment la dernière grande catégorie que YouTube veut fortement recadrer pour éviter les polémiques semblables à celle dont a été à l’origine le vidéaste Logan Paul (il a filmé un cadavre pendu dans une forêt, obligeant la plateforme à prendre des sanctions, comme la démonétisation provisoire de sa chaîne). En résumé, YouTube ne veut ni farce ni canular (les « pranks », dans le jargon) sur le Covid-19.

Les vidéastes doivent ainsi s’abstenir de se déguiser avec une tenue de protection pour un faux contrôle visant à tourmenter un passant « pour rire », faire croire que l’on a attrapé la maladie, simuler un évanouissement en public, tousser, éternuer, cracher (ou alors faire semblant de) sur quelqu’un ou sur des aliments, pour susciter des réactions. Ces actions peuvent susciter de la panique ou des réactions violentes.

YouTube insiste bien sur le fait que les exemples donnés ci-dessus ne sont pas exhaustifs. Dans la mesure où des vidéastes sont capables de se montrer particulièrement inventifs, le site se ménage une marge de manœuvre pour traiter un cas de figure qui n’a pas été précisé par écrit dans ces règles. Selon la situation, la monétisation pourra être limitée ou interdite. Et dans les cas les plus graves, la modération interviendra.

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