Quels sont les meilleurs livres de science-fiction à mettre sous le sapin en ce Noël 2019 ? Suivez le guide ! Numerama vous a sélectionné le meilleur de la SF.

Numerama vous a concocté le guide le plus complet possible pour déposer un ou plusieurs livres de science-fiction au pied du sapin. Que ce soit pour offrir à des fans de SF, ou pour faire découvrir le genre, si ce n’est même pour vous faire plaisir à vous-même, nous avons repéré les meilleurs livres de SF parus en 2018-2019. Pour que vous puissiez trouver très précisément votre bonheur, tout est classé par thématique ou par atmosphère.

Un voyage spatial optimiste : L’Espace d’un an

L’Atalante. Traduit par Marie Surgers.

Becky Chambers fait partie d’une nouvelle génération de romancières et elle en est l’une des plus brillantes. En 2019, elle a remporté prestigieux Hugo Award de la meilleure série littéraire, pour son Cycle des Voyageurs. Cette même année, les éditions L’Atalante ont sorti le troisième et dernier tome de sa trilogie : l’occasion ou jamais d’offrir le premier livre (et/ou ses suites).

L’Espace d’un an raconte le quotidien d’un vaisseau spatial, en huis clos. Pas de batailles spatiales, pas d’élu au comportement héroïque, pas d’antagoniste incarnant le mal absolu… En lieu et place de tout cela, les intrigues sont à taille humaine. Et c’est rafraîchissant. L’équipage du vaisseau Voyageur est d’une immense diversité : tous types d’humains et d’aliens se côtoient. Becky Chambers explore les enjeux liés à cette diversité, au partage des ressources, aux rapports sociaux entre individus. Avec une approche résolument optimiste, mais néanmoins pragmatique, la romancière véhicule un message futuriste de bienveillance. Cette trilogie est précieuse, elle est à offrir aux rêveurs et rêveuses de votre entourage.

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Un voyage spatial politique : L’incivilité des fantômes

Aux forges de Vulcain. Traduit par Francis Guévremont.

L’incivilité des fantômes est probablement l’un des meilleurs romans de SF de l’année 2019 tant il a cette capacité à marquer notre esprit, même une fois refermé. Son histoire a une puissante portée politique. Sur un vaisseau spatial en exode, une nouvelle société s’est formée, héritée des pires atrocités du passé humain : les blancs, aussi religieux que puritains, habitent les quartiers supérieurs et dominent socialement les personnes noires, réduites en esclavage et vivant dans les quartiers inférieurs.

Dans ce contexte dystopique, le focus est porté sur la quête initiatique d’Aster, l’héroïne (ou le héros, car Rivers Solomon utilise des pronoms masculins et féminins). Elle révèle alors tous les fantômes de cette société fictive et, ce faisant, les fantômes bien réels de notre monde. Si le roman est profondément sociopolitique dans toutes ses strates, il ne néglige pas pour autant une aventure épique aux personnages terriblement attachants.

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Une exploration scientifique : Semiosis

Albin Michel. Traduit par Florence Bury.

Des colons humains débarquant sur une autre planète pour en percer tous les mystères : oui, c’est ça, aussi, la plus pure essence de la science-fiction. C’est exactement ce que nous ont offert les éditions Albin Michel cette année avec Semiosis, le premier roman de Sue Burke.

La forme de vie qui menace les humains, sur la planète Pax, est végétale. À partir de ce constat, les personnages ne peuvent pas affronter la menace avec de gros sabots militaires : ils vont devoir comprendre, scientifiquement, profondément, cette forme de vie. Tout cela au fil d’une plume contemplative, sur une planète richement décrite, à l’environnement verdoyant.

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Une utopie ambitieuse, complexe : Trop semblable à l’éclair

Le Bélial’. Traduit par Michelle Charrier.

Peut-on affirmer que le roman d’Ada Palmer est le plus ambitieux de ces dernières années ? Probablement. C’est un pavé de près de 700 pages qui réussit malgré tout l’exploit d’une cohérence parfaite dans un langage compréhensible. Ada Palmer a construit ce que seuls les plus grands auteurs et autrices de la SF arrivent à faire : une utopie fragile… mais une vraie utopie. Les ressorts politiques qui menacent cette société en sont d’autant plus captivants. Une telle inventivité fait date. Les amoureux et amoureuses de science-fiction ne peuvent que tomber sous le charme.

Dans Trop semblable à l’éclair, on est en 2454 et le monde est métamorphosé. D’un point de vue intellectuel et philosophique, l’héritage des Lumières structure énormément cette société. Sur le plan politique, les nations et les religions en tant que telles ont disparu (mais le patriotisme local, pas totalement). La liberté individuelle est quasi absolue, même les genres ont été abolis. La technologie régule tout à la perfection et les voitures volantes ont révolutionné la société en abolissant les distances.

L’univers ultra-complexe d’Ada Palmer peut sembler difficile d’entrée. Oui, au début, il faut s’accrocher face à cette multitude d’informations si lointaines de notre propre monde. Mais très vite, on comprend que cela vaut le coup.

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Le classique réédité : Les Chroniques Martiennes

Denoël

Depuis que le programme Artémis se fait toujours plus imminent, la conquête spatiale connaît un regain d’intérêt et elle est plus que jamais dans l’actualité. Les agences comme la Nasa visent la Lune, mais Mars n’est jamais bien loin. Les nouvelles combinaisons spatiales des astronautes ont même été pensées en ayant la planète rouge à l’esprit.

La voie martienne continue plus que jamais à être explorée par la littérature de science-fiction, en s’adaptant à ces nouvelles découvertes et à ces nouvelles ambitions. Dans ce contexte, il peut s’avérer fascinant de remonter le temps grâce à la SF, et de voir comment les auteurs d’autrefois voyaient le futur de l’exploration spatiale. Les Chroniques Martiennes, roman culte de Ray Bradbury, vient d’être réédité dans une édition collector. C’est le moment pour le redécouvrir.

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La novella : Helstrid

Le Bélial’

Christian Léourier a remporté cette année le prix littéraire des Utopiales pour sa novella Helstrid. La récompense est largement méritée. Ce roman court édité dans la collection Heure-Lumière nous débarque fraîchement sur une planète tout à fait inhospitalière (des températures pas loin de -150°C, des lacs de méthane, des vents violents, bref vous souhaitez être ailleurs). Pour autant, elle est la cible d’intérêts commerciaux : la Compagnie convoite l’une de ses ressources. Ce sont surtout des machines — des IA — qui assurent les opérations, mais quelques humains (sur)vivent sur place pour piloter tout cela. Vous l’avez compris, ce sont eux que l’on suit.

Helstrid est donc un planet opera en terrain hostile et en huis clos. Christian Léourier développe une première réflexion lié à l’éthique de l’intelligence artificielle, ainsi qu’une seconde sur les capacités d’adaptation de l’humanité. Le roman est efficace, car en peu de temps il crée tout un monde rempli de questions existentielles.

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Le recueil de nouvelles : Jardins de poussière

Le Bélial’. Traduit par Pierre-Paul Durastanti.

Dans Jardins de poussière, on constate encore une fois le génie de Ken Liu au fil de 25 nouvelles d’une riche variété : voyages spatiaux, intelligence artificielle, transhumanisme, génétique, environnement, extraterrestres. Et au sein même de cette diversité thématique, autant d’enjeux sont traités que les progrès technologiques, l’amour, la famille, les souvenirs. Attendez, ce n’est pas fini : aux thèmes et aux enjeux, Ken Liu ajoute différents niveaux de complexité et de lecture ! Les nouvelles sont tantôt légères, tantôt philosophiques, tantôt lourdes de sens… Parfois tout cela à la fois, puisqu’il écrit aussi entre les lignes.

Cet auteur est un maître de la SF et ce recueil est l’un de plus beaux cadeaux littéraires que vous pourriez offrir pour Noël. Voilà, on l’a dit.

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La SF féministe : Chroniques du Pays des Mères

Chroniques du Pays des Mères //

Nous vous expliquions récemment, dans Numerama, pourquoi il faut lire Chroniques du Pays des Mères, roman culte de la littérature SF féministe, puisqu’il vient d’être réédité chez Mnémos. Alors il a forcément toute sa place dans ce guide. « Le roman démontre à chaque ligne la domination genrée, rampante, sournoise, jusque dans la langue  », nous expliquait l’écrivaine Jeanne-A Debats. Et effectivement, le langage est une caractéristique importante de cet ouvrage, qui accomplit à merveille un renversement : le genre neutre, sous la plume d’Élisabeth Vonarburg, est le genre féminin.

Chroniques du Pays des Mères est aussi une brillante utopie. Dans ce futur lointain, la société est régie par un matriarcat pacifiste… mais qui fait face, lui aussi, à ses problèmes et à ses contradictions. L’autrice rappelle que le genre est une affaire de culture, et non pas de nature, et que le genre dominant, quel qu’il soit, tombera toujours dans un rapport de pouvoir, d’écrasement de l’autre. Comme nous disait Jeanne-A Debats, le roman dénonce avec subtilité « cette eau qui nous étouffe tandis qu’elle nous impose une grille de lecture du monde ».

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La SF qui fait peur : Terminus

Albin Michel Imaginaire. Traduit par Michel Pagel.

Terminus est le mélange parfait entre 12 Monkeys et True Detective. Un combo de choc entre uchronie, polar, post-apocalyptique et science-fiction. Le point de départ : dès les années 1980, les États-Unis ont mis au point une machine qui permet de voyager dans le futur. Ou plutôt… dans les futurs possibles. L’armée américaine s’en sert pour agir sur le présent et tendre vers le « meilleur » avenir.

Sauf qu’il y a une date, qui se rapproche sans cesse et qui signe la fin de toute vie humaine. Les voyageurs qui assistent à cette fin sont traumatisés tant elle est violente, si ce n’est morbide. Pourtant, ce futur semble inéluctable et la date se rapproche même sans cesse. Comme si cela ne suffisait pas, un voyageur ayant assisté au terminus commence à commettre des crimes morbides.

Le voyage dans les futurs possibles proposé par Tom Sweterlitsch fait froid dans le dos. Un page turner redoutable.

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Et en VO : The Calculating Stars

Tor Books

Si vous avez dans votre entourage des lecteurs et lectrices très avisés en matière de littérature de science-fiction, peut-être ont-ils et ont-elles déjà lu la majeure partie des ouvrages proposés dans ce guide. Dans ce cas, il va falloir sortir des sentiers battus et passer vers les versions originales, pour les plus anglophones.

Cette année 2019 a été marquée par le Hugo Award du meilleur roman remis à Mary Robinette Kowal, pour The Calculating Stars. La romancière réinvente entièrement l’histoire de la conquête spatiale dans une uchronie époustouflante qui met en scène une héroïne (Elma) brillante. Vous avez à la fois une dimension historique érudite (la réinvention complète de la chronologie), et en même temps une approche rigoureusement scientifique. Le blogueur L’épaule d’Orion, qui sait de quoi il parle puisqu’il est aussi un scientifique, confirme que « tout est absolument maîtrisé dans les moindres détails », «  c’est du haut niveau à tous les étages ».

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Article publié initialement le 14 décembre 2019

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