La Lune est le corps céleste le plus proche de la Terre. Il alimente forcément tous nos fantasmes spatiaux. Dans la continuité de Jules Verne, de nombreux écrivains ont foulé le sol lunaire dans leurs scénarios.

Jules Verne nous a emmené sur la Lune dès le XIXe siècle, bien avant qu’en 1969 Neil Armstrong y pose le premier pas. Robert Heinlein, en plein d’âge d’or de la SF et trois ans avant Apollo 11, était lui aussi l’un des précurseurs avec Révolte sur la Lune. Mais, encore aujourd’hui, même si l’humanité a foulé le régolithe à plusieurs reprises, nombreux sont les romans qui nous y font voyager. Voici une sélection d’ouvrages pour explorer la Lune, entre fantasmes et dangers.

Artémis, d’Andy Weir

Bragelonne

Quand on sait que la Nasa a nommé Artémis son programme de reconquête de la Lune, et que l’ESA évoque un « village lunaire », ce roman d’Andy Weir prend une tournure étonnement crédible dans son principe de base.

L’auteur du déjà culte Seul sur Mars imagine dans Artémis une cité lunaire de 2 000 habitants répartis dans cinq dômes. Le tourisme alimente économiquement la Lune – les terriens peuvent venir visiter, par exemple, le site d’alunissage d’Apollo 11. Andy Weir prend le temps de tout décrire de la vie lunaire : comment les dômes sont alimentés en oxygène, en eau, en nourriture, quelle est l’ergonomie des lieux. Cette plongée détaillée dans une ville sur la Lune est l’une des parties les plus plaisantes du roman.

Mais la vie d’Artémis n’est pas idyllique. La corruption fait rage. La jeune Jazz est coursière. Influencée par l’appât du gain, elle va venir en aide à l’un de ses riches clients. Sauf que, ce faisant, elle va s’impliquer dans une conspiration visant à s’approprier le pouvoir politique et économique. Voilà qui est presque aussi haletant que Seul sur Mars.

Luna, Ian McDonald

Denoël

Une Lune aussi invivable et violente que Game of Thrones ? Dans le roman de Ian McDonald, les colonies lunaires sont divisées entre plusieurs familles, les « Dragons ».

Elles sont les émanations des cinq entreprises pionnières, installées sur la Lune pour l’exploiter économiquement à une époque où la Terre était en pleine pénurie. Il n’existe aucune loi sur la Lune, c’est une zone de non-droit. Tout est question d’argent, de compromis, de rapports de force brutaux.

Luna est un « roman choral », avec une multitude de personnages et de points de vue. Les intrigues sont sociopolitiques, entre luttes de pouvoir, trahisons, alliances. Ian McDonald apporte aussi quelques éléments technologiques intéressants : chacun est accompagné d’une IA personnelle en réalité augmentée, ainsi que d’une lentille de contact pour surveiller les niveaux d’air, d’eau, de carbone (car sur la Lune de Ian McDonald, vous pouvez mourir à tout moment… et être recyclé).

Gens de la Lune, de John Varley

FolioSF

Dans ce roman, nous n’avons pas colonisé de plein gré notre satellite : des extra-terrestres ont débarqué sur Terre et nous ont « virés » sur la Lune.

Le village lunaire façon John Varley a pris une tournure transhumaniste, ambiance cyberpunk. Un ordinateur central contrôle tout tandis que, parmi les habitants, la mort a presque été éradiquée. C’est l’apogée de la réalité virtuelle : Disney recrée des passés historiques dans lesquels voyager. Par ailleurs, il est possible de changer de genre autant que souhaité – le narrateur, Hildy Johnson, en est très friand.

Ce dernier est un journaliste, chargé de réaliser des articles comparant la société lunaire actuelle avec la société terrienne d’il y a deux cent ans. Pour ce faire, il part en reportage sur toute la surface de la Lune. Gens de la Lune est donc l’occasion pour nous de plonger dans cette société lunaire du spectacle, où tout n’est que sensations fortes (matchs à mort, culte de l’apparence physique, ultra-pornographie…).

La Lune seule le sait (Trilogie de la Lune), Johan Heliot

FolioSF

Avec La Lune seule le sait (Trilogie de la Lune), nous entrons dans un univers entre steampunk et uchronie. L’histoire ne s’est pas passée comme elle aurait dû : Napoléon III a vaincu les Prussiens.

Plus fondamental encore, les extraterrestres ont débarqué à Paris en 1889 lors de la cérémonie de clôture de l’Exposition universelle. Louis-Napoléon a noué une alliance avec eux pour assurer la domination de son empire. Rajoutons à cela qu’il essaye de construire, sur la Lune, une flotte spatiale pour étendre son pouvoir.

Les opposants ne comptent pas se laisser faire et, en cet instant, ce roman devient encore plus jouissif. Ils envoient Jules Verne en mission secrète sur la Lune. L’objectif : retrouver et libérer une révolutionnaire qui y était déportée depuis la Commune ; puis entrer en contact avec les aliens, qui n’ont pas l’air au courant de la folie napoléonienne.

Le Reich de la Lune, Johanna Sinisalo

Actes Sud

À la manière d’Iron Sky, Le Reich de la Lune imagine que les nazis se sont réfugiés sur la Lune. Ils y ont même créé une micro-société, obnubilée par l’idée de se venger. Mais, isolés sur le satellite de la Terre, ils sont passés à côté de la révolution numérique.

Lorsqu’une fusée américaine se pose sur la Lune à côté de leur colonie secrète, les nazis tombent par hasard sur le smartphone d’un astronaute. Impressionné, le Reich organise une mission d’espionnage pour retourner sur Terre et voler cette incroyable technologie.

La confrontation avec la société ultra-moderne d’aujourd’hui va bousculer tout ce que le Reich lunaire croyait savoir du monde et de l’histoire. L’endoctrinement va voler en éclats de manière rocambolesque.

Crédit photo de la une : Mnémos

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