Utiliser une musique dont on ne détient pas les droits d'auteur sur YouTube, c'est risquer la démonétisation d'une vidéo. Des vidéastes préfèrent du coup faire des reprises... plus ou moins réussies.

Utiliser des musiques protégées par des droits d’auteur dans une vidéo est devenu très risqué sur YouTube — ne serait-ce qu’à cause de la démonétisation de la création. Pour éviter de recevoir un avertissement, que leurs contenus soient démonétisés ou supprimés, certains vidéastes ont trouvé une parade : faire des reprises.

Déjouer l’attention de Content ID

Pour éviter les violations de droits d’auteur, YouTube utilise depuis 2007 un système nommé Content ID. Il permet de détecter les contenus protégés utilisés sans autorisation. Les vidéastes qui ne respectent pas les règles en la matière reçoivent des avertissements (« strikes ») qui peuvent mener au bannissement de leur chaîne. Les contenus peuvent également être démonétisés ou supprimés.

Les contenus peuvent être démonétisés. // Source : YouTube

Depuis plusieurs mois, YouTube se vante d’avoir renforcé Content ID. Un porte-parole nous avait expliqué en novembre avoir payé 800 millions d’euros aux ayants droit européens ces 12 derniers mois. Ce montant ne cesserait d’augmenter.

Le durcissement de Content ID pose problème à de nombreux vidéastes. Par exemple, ceux qui compilent et commentent des vidéos réalisées sur l’application de play-back TikTok sont particulièrement embêtés. Pour y remédier, certains ont décidé de chanter les chansons eux-mêmes, a repéré The Verge. En effet, les reprises ne sont normalement pas considérées comme des violations du droit d’auteur. Elles sont également bien moins détectables par les algorithmes de reconnaissance comme Content ID.

Des reprises plus ou moins audibles

Kurtis Conner, un vidéaste qui compte un peu plus d’un million d’abonnés, fait régulièrement des compilations de TikTok. Dans ces vidéos, il n’inclut pas les musiques mais fait ses propres reprises.

C’est aussi le cas de Danny Gonzales, qui compte environ 2 millions d’abonnés.

Tous deux chantent avec une voix volontairement monocorde. Des youtubeurs ou streameurs Twitch ont eux fait de véritables interprétations… plus ou moins réussies.

The Apekz a ainsi publié fin février une reprise de Let it go, la chanson du dessin animé Disney La reine des neiges (en français, Libérée, délivrée). Celle-ci apparaît dans le jeu vidéo Kingdom Hearts 3 (oui, oui). Pour éviter de se faire striker, le vidéaste chante par dessus la musique originale.

Pour les youtubeurs, la situation ne risque pas de s’améliorer ces prochaines semaines. En ce moment, l’Union européenne discute de la directive sur les droits d’auteur. Celle-ci vise à mieux rémunérer les ayants droit. Elle contient des articles comme l’article 13 qui risquent, tel qu’ils sont actuellement rédigés, d’avoir pour effet de multiplier les actions pour violation de droits d’auteur demandant aux plateformes un renforcement des filtres.

À lire sur Numerama : Censure, fermeture de chaînes…  : ce que l’article 13 va réellement changer sur YouTube

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