Développé par BioWare pour le compte de Electronic Arts, Anthem se présente comme un rival sérieux de Destiny.

Après un Mass Effect : Andromeda qui a pris la forme d’une immense désillusion, BioWare, studio reconnu pour ses RPG de qualité, veut, avec Anthem, offrir son Destiny à Electronic Arts. La description donne envie : un jeu de tir à la troisième personne mâtiné de MMO et qui coche toutes les cases d’un genre également couvert par Ubisoft (la franchise The Division, dont le deuxième opus sort le 15 mars).

Ne manquant pas d’ambition, Anthem se présente comme le blockbuster du premier trimestre 2019, qui ralliera soit un maximum de monde, soit sera sujet aux railleries. En bref, BioWare joue gros. Après y avoir joué pendant plusieurs heures, on peut affirmer qu’il a de sérieux atouts en poche. 

Pour le contexte, Anthem nous place dans le costume d’un freelancer, sorte de mercenaire qui pilote un mécha baptisé javelin pour protéger l’Humanité contre les créations de Dieux ayant abandonné le monde avant de l’avoir terminé. L’univers, a priori travaillé et intéressant en surface, s’articule autour de l’Hymne de la Création, un mythe qui se cacherait derrière toute forme de vie et que certains chercheraient à canaliser pour prendre le pouvoir. Inachevé, le monde de Anthem est également marqué par des cataclysmes parfois très violents. Tout un programme, porté par une narration convenue (mais plus claire que celle de Destiny). 

Quand Iron Man rencontre Destiny

Compte tenu du genre dans lequel Anthem veut briller (le MMOTPS pour les intimes), c’est moins ce qu’il est aujourd’hui que ce qu’il deviendra demain qui compte. Pour l’heure, nous ne pourrons parler que des premières sensations, manette en mains. À ce sujet, le titre de BioWare ne déçoit pas. Avec ses relents de Vanquish, les glissades en moins, le TPS associe la lourdeur d’un héros installé dans un exosquelette à la puissance et la liberté de mouvements d’une armure tout droit sortie du laboratoire d’Iron Man.

Le tour de force se situe sans doute dans la frénésie de l’expérience, notamment nourrie par des impressionnantes envolées aériennes qui ne sont pas là — que — pour faire joli. En les maîtrisant, les puristes pourront plus facilement profiter des points faibles des ennemis. Élément à prendre en compte sur les déplacements : on ne peut pas voler pendant une durée indéterminée sans risque de surchauffe. Cette contrainte réaliste permet d’introduire une mécanique de refroidissement, qui s’ajoute à la recharge classique de l’arme et des pouvoirs (spoiler : l’eau aide à baisser la température des batteries). 

Anthem n’a pas envie de nous enfermer dans un rôle ad vitam æternam

L’excellent feeling sur lequel s’appuie Anthem pour convaincre est autrement garanti par les quatre classes de javelin. S’il fallait schématiser, on dirait qu’il y a un mage (Tempête), un soldat polyvalent (Commando), un tank (Colosse) et un ninja (Intercepteur). Ils sont suffisamment différents pour justifier leur place dans le casting. En outre, promesses coopératives obliges, leur association est susceptible de faire des étincelles sur les champs de bataille. On retiendra surtout qu’Anthem n’a pas envie de nous enfermer dans un rôle pour toujours.

Bien entendu, les javelins pourront être personnalisés à l’envi (arsenal, compétences, équipements, couleurs…). Mieux, il sera possible de changer le robot dans lequel on prend place, une fois la progression du pilote suffisamment avancée. Plus que des classes, les exosquelettes deviennent des tenues qui offrent une spécialité aux joueurs. Cette opportunité suggère qu’il ne faudra pas remplir les mêmes missions et objectifs à maintes reprises pour avoir plusieurs personnages au niveau maximum (comme dans Destiny). 

Au début, il faudra quand même faire un choix. Le javelin Colosse plaira à celles et ceux qui aiment faire de lourds dégâts au détriment de la mobilité. Contrairement à l’Intercepteur, dont la vitesse peut surprendre, il se montre incapable d’enchaîner les esquives, préférant brandir un bouclier. Comme les autres, le Colosse peut voler et passer en mode stationnaire pour ajouter un surplus de verticalité au gameplay. D’ailleurs, les environnements s’appuient sur cet élément pour ouvrir les espaces de jeu, qui s’étendent verticalement et horizontalement. Au point que les zones les plus étriquées apparaissent moins adaptées aux déplacement très rapides des javelins, qui peuvent plonger dans l’eau comme des dauphins et en ressortir comme des aigles pour continuer leur route dans les airs. 

Anthem // Source : Electronic Arts

Calibré pour réussir

À l’aise partout, les javelins sont également des formidables engins de mort. En plus des armes, communes à toutes le classes, ils disposent d’aptitudes pour triompher des ennemis. Elles peuvent prendre la forme d’une grenade ou d’une attaque au corps-à-corps. Astucieusement, les affrontements prennent en compte les éléments (feu, glace…) pour autoriser des combos qui augmentent les dégâts (exemple : glacer puis frapper un ennemi) — et en mettre plein la vue. Si cette idée est vraiment poussée par le studio, elle encouragera encore plus la coopération — jusqu’à quatre joueurs — et la nécessité de bien construire son personnage pour optimiser ses compétences offensives et/ou défensives. À ce sujet, Anthem assume son statut de RPG, avec butin au programme (y compris la rareté des objets ramassés). 

Anthem récite sa leçon par cœur au mot près

Du côté de la construction de l’aventure, Anthem n’invente rien. Son architecture mélange volontiers du Monster Hunter (un peu) et du Destiny (beaucoup). Ainsi, un hub central — où l’on passe en vue à la première personne (soit l’inverse de Destiny) — donne accès à des missions, qu’elles soient liées à l’histoire ou non. Là, libre à tout un chacun de partir en expédition seul ou à plusieurs. Parmi les activités proposées, on retrouve des défis, des contrats, des donjons… Et plus le niveau grimpe, plus le challenge est présent et les récompenses généreuses. Anthem récite sa leçon par cœur, au mot près. 

Les quelques appréhensions nées lors de la découverte du projet Anthem ont vite été balayées par notre prise en main. Le jeu demandera toutefois évidemment des heures et des heures supplémentaires pour pouvoir le caractériser d’incontournable du premier trimestre. Au moins, les bases ont l’air solides. À BioWare de construire dessus en choisissant les bonnes briques et le ciment adéquat. 

Anthem sera disponible le 22 février 2019 sur PlayStation 4, Xbox One et PC.

Anthem // Source : Electronic Arts

 

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