Une Bataille féministe, un Mémo de l'égalité et Sept familles inspirantes : le temps d'un après-midi, nous avons testé les trois jeux de société « qui parlent d'égalité » et ont vu le jour grâce à un crowdfunding sur Ulule.

Dans un jeu de cartes traditionnel, il y a 52 cartes. Dans la plupart des jeux, l’as l’emporte sur le roi, le roi sur la reine et la reine sur le valet. Autrement dit, à compétence égale, la reine (une femme) est toujours inférieure au roi (un homme). Cela peut paraître évident, voire « normal »… Pourtant c’est précisément ce que The Moon Project entend révolutionner à travers une série de trois jeux de cartes dans lesquelles femmes et hommes sont mis sur un pied d’égalité.

En mai dernier, nous vous présentions ce projet en développement sur Ulule : ses créateurs ont finalement récolté 30 000 euros, soit 10 000 euros de plus que la somme escomptée. Grâce à ces fonds, la collection des trois jeux The Moon Project a pu voir le jour. Nous avons testé ces « jeux pour enfants qui parlent d’égalité » : la Bataille féministe, le Mémo de l’égalité et les Sept familles inspirantes.

Malheureusement, nous n’avons pas pu les tester avec des enfants : cet article vous donnera donc les impressions qu’ils ont laissé sur des adultes — qui n’avaient d’ailleurs pas joué à la bataille depuis quelques années.

Trois jeux de cartes présentés dans une boîte cubique en carton. // Source : Nelly Lesage pour Numerama

La Bataille féministe

Présenté dans une boîte en carton cubique rouge-rosée, le jeu de la Bataille féministe est sans doute le plus révolutionnaire du lot. Les cartes qui représentent des femmes sont à égalité avec leurs homologues masculins. Si vous avez la chance de posséder une reine, elle ne sera jamais inférieure au roi posé par un autre joueur. Il en va de même pour les duchesses et vicomtesses, qui valent (respectivement) autant que les ducs et vicomtes.

Puisque les deux genres sont à égalité dans ce jeu, vous ne trouverez que deux reines parmi les cartes (cœur et pique) ainsi que deux rois (trèfle et carreau). Même chose pour les deux duchesses, les deux ducs, supérieurs en valeur aux deux vicomtesses et deux vicomtes. Ainsi, chaque joueur peut compter sur ses personnages féminins et masculins pour espérer l’emporter.

Dans la Bataille féministe, la reine est à égalité avec le roi. // Source : Nelly Lesage chez Numerama
Une reine face à un roi ? L’heure de la bataille a sonné. // Source : Nelly Lesage pour Numerama

Outre l’attention portée à la parité, cette Bataille féministe ne représente pas non plus seulement des personnages blancs. Même si le jeu est clairement destiné aux enfants (à partir de 6 ans), il est agréable d’y jouer à tout âge. Nous aurions bien aimé nous identifier à ces personnages, qui semblent tout droit sortis d’un film d’animation, lorsque l’on jouait aux cartes dans notre enfance.

Les 7 familles inspirantes

« Dans la famille des Scientifiques, je voudrais Ada Lovelace. » La règle des 7 familles inspirantes est la même que dans le jeu auquel vous avez sans doute joué étant enfants. La différence principale est, qu’au lieu de demander les enfants, les parents ou les grands-parents qui se cachent peut-être dans les mains de vos adversaires à chaque tour, vous devez reconstituer des familles de femmes célèbres.

Elles sont rangées par catégories comme les « Aventurières », les « Écrivaines » ou les « Artistes ». La victoire sera assurée au joueur ou à la joueuse qui réunit le plus de familles complètes.

Sept familles de femmes inspirantes. // Source : Nelly Lesage pour Numerama
Les cartes manquent d’une précision sur le métier des femmes célèbres. // Source : Nelly Lesage pour Numerama

Si la règle du jeu traditionnel n’est pas bouleversée, le jeu a le gros avantage de faire découvrir de nombreux noms de femmes qui ont marqué l’histoire. Les cartes manquent peut-être de précision sur le métier exercé par la femme représentée (ou sur la raison pour laquelle elle est devenue une icône). Une courte biographie glissée dans la boîte permettrait de mieux s’informer au cours de la partie sur leur histoire. Les dessins font honneur à Simone Veil, Valentina Terechkova, George Sand et aux autres femmes représentées sur les cartes.

Le Mémo de l’égalité

Des trois jeux proposés par The Moon Project, le Mémo de l’égalité est certainement le plus accessible aux jeunes enfants. Une fois les cartes retournées devant les joueurs, il faut faire jouer sa mémoire pour retrouver les différentes paires. Si vous avez pioché la carte « un astronaute », il va falloir mettre la main sur son alter ego féminin, « une astronaute ». Pour l’emporter, il faut réunir le plus grand nombre de paires possibles.

Un mémo où les hommes et les femmes exercent les mêmes métiers. // Source : Nelly Lesage pour Numerama
Il faut reconstituer les pairs en fonction des métiers. // Source : Nelly Lesage pour Numerama

Comme les deux jeux précédents, ce Mémo tient autant compte de la parité que de la diversité. Les cartes font figurer des personnages de couleur, et tous n’ont pas la même corpulence. Certains d’entre eux ont aussi été dessinés avec un handicap : une façon de montrer aux enfants concernés que cela ne les empêche pas de réaliser le métier de leurs rêves.

Ces trois coffrets réunis forment un beau cadeau à offrir à des joueurs et joueuses âgés « de 5 à 105 ans », comme The Moon Project l’écrit en dessous de ses boîtes. Disponibles au prix de 38 € sur Playtopia, chaque jeu peut être acheté individuellement pour 12,90 €.

Un investissement plutôt raisonnable, pour amuser ses dimanches après-midi pluvieux tout en s’interrogeant sur les stéréotypes qui s’immiscent jusque dans nos divertissements les plus innocents.

Trois jeux pour lutter contre les préjugés. // Source : Nelly Lesage pour Numerama

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