C'était en discussion depuis novembre 2017 mais le couperet tombe enfin. D'après la Commission des jeux de hasard belge, les loot boxes sont assimilables à un jeu d'argent et vont donc être interdites.

En novembre 2017, le ministre de la Justice belge Koen Geens déclarait ceci : «  Mixer du jeu d’argent et des jeux vidéo, spécialement pour un public jeune, est dangereux pour la santé mentale des enfants. » Le 25 avril 2018, au bout d’une étude comprenant notamment 4 jeux analysés, dont FIFA 18 ou Overwatch, la Commission des jeux de hasard belge se prononce enfin en faveur de la pénalisation de ces loot boxes.

Contenu d’une loot box Overwatch. En jaune le gain le plus rare.

Le principe d’une loot box est simple. Le joueur achète littéralement un coffre virtuel renfermant une série d’objets dont il ne connaît pas la nature. Par exemple, Blizzard propose d’acheter des coffres liés à l’événement en cours sur son jeu Overwatch. Deux loot boxes valent 2 dollars et il est possible de payer avec son compte PayPal. On comprend ainsi mieux de quelle manière la facture peut grimper. Le joueur ne sait pas concrètement ce qu’il achète, espérant tomber sur un gain rare qu’il n’aurait pas — encore — obtenu en jouant de façon classique.

Vers une interdiction européenne ?

C’est ce principe que la Commission entend condamner en l’assimilant à un jeu d’argent, ceci dans le but de protéger les mineurs et les personnes vulnérables : « Les joueurs sont séduits et trompés et aucune mesure de protection en matière de jeux de hasard n’est appliquée. Maintenant qu’il est clair qu’en particulier les enfants et les personnes vulnérables sont ici exposés sans protection, les fabricants de jeux, mais aussi les parties concernées sont appelés à mettre fin à cette pratique,  » affirmait Peter Naessens, Directeur à la Commission.

« Les joueurs sont séduits et trompés et aucune mesure de protection en matière de jeux de hasard n’est appliquée » — PETER NAESSENS

Le système de loot box d’Overwatch, FIFA 18 et Counter-Strike : Global Offensive est de ce fait considéré illégal. Star Wars Battlefront II échappe de peu à la qualification, bénéficiant de la refonte de son propre système à la suite des accusations de pay-to-win  (favorisant les joueurs qui paient) dont le jeu avait fait l’objet lors de sa bêta. Les représentants de la personne morale derrière les jeux en question devront modifier leur système ou ils s’exposeront à une amende de 800 000 euros et une peine de cinq ans de prison. Reste à voir quelle réponse va être apportée par les développeurs, surtout que le ministre Koen Geens souhaiterait voir l’interdiction étendue à toute l’Union européenne.

Côté français, le sénateur Jérôme Durain avait interpellé Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État chargé du numérique, ainsi que l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel) pour que soit étudiée cette problématique.  Le 8 février 2018, une réponse ministérielle témoigne de la difficulté pour les institutions françaises de prendre position, il y est fait mention de la nécessité du respect des consommateurs, mais aussi de la viabilité du secteur économique du secteur du jeu vidéo, frappé par « baisse des prix de vente effectifs des jeux vidéo, combinée à la hausse des budgets de production et d’exploitation des jeux.  »

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