La grande bataille de la série A Knight of the Seven Kingdoms a donc eu lieu avec l’épisode 5. Un duel judiciaire épique entre Duncan le Grand et Aerion Targaryen qui a mobilisé un total de quatorze chevaliers, répartis en deux camps de sept braves chacun — le fameux Jugement des Sept. Et pour certains d’entre eux, le dénouement a été terrible.
Mais en tant que spectateur, une certaine frustration a peut-être pu vous gagner en visionnant l’épisode : après tout, on ne voit pas grand-chose de ce face-à-face. La caméra se focalise quasi exclusivement sur le règlement de comptes entre Duncan et Aerion, et ne montre que quelques bribes de ce qui se passe ailleurs.

Certes, la production a fait le choix de se concentrer strictement sur le point de vue de Duncan, comme si on voyait le monde à travers ses yeux — ainsi, il n’y a jamais de scène à l’écran dans laquelle il n’apparaît pas. Cela permet de ramener tous les enjeux à sa hauteur, et à son niveau de compréhension. Mais cela limite forcément l’ampleur du spectacle.
En réalité, le recentrage sur Duncan est une aubaine pour HBO, la chaîne qui produit la série : cela permet de compresser les coûts, car le budget alloué à A Knight of the Seven Kingdoms est significativement plus bas que ce qui a été débloqué pour ses « grandes sœurs » télévisuelles, Game of Thrones et House of the Dragon.
Ira Parker, le showrunner de la série, a souvent évoqué cette problématique comptable. « Notre budget reflète celui de Dunk, qui vient de rien et qui possède très peu. C’est un être humain simple et brut, comme nous », a-t-il par exemple glissé à Variety en décembre 2025. Ou encore, « nous n’avions pas le budget pour avoir du trucage dans cette série. »
Mais ces recherches d’économie ont aussi bénéficié d’une aide bienvenue : le lore de la série elle-même. A Knight of the Seven Kingdoms adapte en effet le court roman Le Chevalier errant de George R. R. Martin. Or, ce récit inclut justement des éléments qui ont bien aidé Ira Parker à baisser les coûts… en cachant le combat final et la foule dans une brume.

Le brouillard, meilleur allié du comptable
Dans une interview accordée le 16 février 2026 à Polygon, Ira Parker ne s’en cache pas : la fidélité à l’œuvre originale a servi d’alibi idéal pour masquer les limites financières. « Canoniquement, un brouillard s’abat sur Cendregué le matin du tournoi », rappelle-t-il. Une précision météorologique inscrite dans le livre, que la production a choisi d’exploiter à son avantage.
Ainsi, le roman évoque des « filaments de brume [qui] s’accrochaient au sol comme de pâles serpents blafards », des « lambeaux de brume pâle » ou encore un « ciel sombre et gris ». Un décor lugubre pour le terrain du tournoi, transformé, selon l’écrivain, en « une immense fondrière de boue et d’herbe détrempée. »
Ira Parker admet ainsi avoir exagéré cette purée de pois pour dissimuler l’arrière-plan. « Nous n’avons pas beaucoup d’argent sur cette série. Nous avons environ 25 cents pour chaque dollar d’une minute ‘westerosienne’ des séries précédentes », explique-t-il. En saturant l’arène de brouillard, il a été ainsi possible d’éviter de recruter trop de figurants.

« Nous avons dû faire attention à la manière dont nous cachions les choses […]. Nous vous permettons de vous concentrer sur ce que nous voulons que vous voyiez plutôt que d’avoir une foule de 10 000 personnes comme vous en verriez probablement lors d’un évènement de type Coachella », continue le showrunner.
Cette stratégie économique s’applique même à la mise en scène du combat. En optant pour des plans serrés via la vision étriquée du casque de Dunk, la réalisation rend l’action plus intense et plus personnelle, tout en s’épargnant la complexité et le coût de plans larges épiques. Mais cela accentue le parti pris de montrer le monde à travers Duncan.
« C’est drôle comme le fait de ne pas avoir d’argent vous oblige à trouver des moyens créatifs vraiment cool auxquels vous n’auriez peut-être pas pensé si vous aviez eu les moyens de dépenser », résume Ira Parker. Ainsi, le brouillard et l’étroitesse du casque ont offert, selon ses termes, « le rendu le plus badass possible. »
Les fans devront donc se contenter de quelques rares séquences de ce qui se passe ailleurs dans le tournoi. Cela étant, la production a visiblement pris soin de garder le moment décisif du Jugement des Sept : celui où Maekar inflige par mégarde un coup de masse fatidique dans le casque de son frère Baelor. Avec le résultat que l’on sait.
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