Le patron de PlayStation craint que Call of Duty devienne une exclusivité Xbox, conséquence du rachat d’Activision par Microsoft.

Il existe un futur, plus ou moins lointain, où être un joueur PlayStation pourrait signifier se voir privé de Call of Duty, l’une des plus grandes sagas de tous les temps — en termes de ventes, tout au moins. Microsoft désire racheter Activision, propriétaire de la marque. Si la transaction est approuvée par les autorités compétentes, la firme de Redmond pourra faire ce qu’il veut de la licence, comme rendre des épisodes exclusifs à l’écosystème Xbox.

Et c’est aujourd’hui la crainte de Sony, qui s’est récemment exprimé par l’intermédiaire de Jim Ryan, président de la branche PlayStation. Dans les colonnes de GamesIndustry.biz, il a confié, le 7 septembre, que Microsoft a promis de sortir des jeux Call of Duty sur la PlayStation pendant trois ans. Ensuite, c’est beaucoup plus flou. Or, cette offre est jugée « inadéquate à bien des égards » pour Jim Ryan. 

Sony se met en position de faiblesse face à Microsoft

« Microsoft a promis de laisser Call of Duty sur PlayStation pendant trois ans après le contrat en cours qui lie Sony et Activision. Après plus de 20 ans de Call of Duty sur PlayStation, cette proposition est inadéquate à bien des égards et ne prend pas en compte l’impact sur nos joueurs. Nous voulons garantir à nos joueurs qu’ils auront toujours la meilleure expérience Call of Duty, et la proposition de Microsoft ne prend pas ça en compte », se lamente Jim Ryan.

Des déclarations qui pourraient agacer Microsoft, qui se retrouve placé dans une posture de studio néfaste pour l’expérience vidéoludique sur PlayStation. D’autant que cette sortie de Jim Ryan révèle des éléments contractuels censés être secrets (la durée de trois ans évoquée). Jim Ryan répond en fait à Phil Spencer, par presse interposée.

Call of Duty: Vanguard
Call of Duty: Vanguard. // Source : Activision

Dans un communiqué adressé à The Verge le 2 septembre, le patron de Xbox a indiqué : « En janvier, nous avons fourni un accord signé à Sony pour leur garantir Call of Duty sur PlayStation, avec parité sur le contenu et les fonctionnalités, pendant plusieurs années après la fin de leur contrat actuel ». Il n’a pas manqué de préciser que cette offre était assez inhabituelle dans l’industrie, car souvent les exclusivités sont cruciales et sont des puissants leviers pour conquérir le public.

Nous avons donc Microsoft d’un côté qui tend une main pour prouver aux autorités de régulation que l’acquisition d’Activision ne lui conférera pas une position trop dominante. De l’autre, on a Sony qui estime que les dispositions prises sont bien trop insuffisantes.

Au-delà de la crainte de voir Call of Duty disparaître de l’écosystème PlayStation, l’objectif de la firme nippone est bien de faire capoter une transaction qui pourrait avoir des conséquences sur son propre business. Aujourd’hui, elle se place dans la peau de la victime pour faire comprendre à qui veut l’entendre que le rachat d’Activision serait un cataclysme sans précédent pour le marché. La peur de Sony est légitime, mais c’est un peu hypocrite de sa part : ces dernières années, l’entreprise a, elle aussi, multiplié les rachats pour s’offrir de belles exclusivités; à l’image d’Insomniac Games.