Saint-Valentin oblige, certains partis politiques ont investi les applications de rencontre pour aborder un jeune électorat. Une initiative qui est pourtant interdite par certaines plateformes.

Pour ce 14 février 2022, fête (commerciale) des amoureux, les différentes équipes de campagne ou de presque campagne électorale ont investi les applications de rencontre pour draguer un jeune électorat, désespérément convoité, de Grindr à Bumble.

Une initiative contraire aux conditions d’utilisation de certaines plateformes. Mais là où les Jeunes avec Macron ont reculé devant la réaction de Tinder, les écologistes des Jeunes avec Jadot persistent et… revendiquent leur geste.

« Nous sommes en campagne, et nous assumons, a défendu Axel Dumont, référent communication des Jeunes avec Jadot, auprès de Numerama. « Certaines applis n’ont pas pour but d’être politiques, mais le sens de notre démarche c’est d’investir cette plateforme là, où les jeunes sont présents

« Tu as beau être magnifique, mon cœur n’est pas à prendre »

La tête posée sur son poing, le regard porté sur l’horizon, on aperçoit le candidat d’Europe Écologie sur une photo de profil Tinder qu’a partagée sur Twitter une journaliste du Figaro.

Ses centres d’intérêt affichés? « Le vin », « flexitarien » ou encore son amour des animaux. Le profil est évidemment un faux, créé par la section jeunesse de son équipe de campagne, dans le cadre d’une opération appelée « Adopte un Vert ».

L’objectif affiché, « aller à la rencontre de la jeunesse », selon Axel Dumont. On retrouve la même description dans la biographie des différent profils : « Tu as beau être magnifique, mon cœur n’est pas à prendre », et d’inciter à « Matcher » avec le candidat pour en savoir plus sur son programme.

Des initiatives qui déplaisent à Tinder

Cette opération de communication ne plait pas beaucoup à Tinder. Ce matin, l’application de rencontre réagissait déjà à l’annonce par les Jeunes avec Macron d’une campagne de promotion du vote. Les marcheurs projetaient originellement d’utiliser des faux comptes pendant un mois, avant de rétropédaler face à l’opposition de la plateforme qui interdit cette pratique.

« On s’est rendu compte que [l’action] n’était pas possible. On comprend tout à fait qu’ils cherchent à éviter les mauvaises utilisation de ces réseaux par des personnes mal intentionnées », concède un porte-parole des Jeunes avec Macron interrogé par Numerama. « C’est certes une hâte de notre part qui n’aurait pas dû arriver

« Investir cette plateforme […] où les jeunes sont présents »

Confrontée aux faux profils de Yannick Jadot, la communication de Tinder renvoie aux mêmes éléments : « Cette démarche est jugée incompatible avec nos conditions d’utilisation. L’entreprise supprimera les profils démarchant les utilisateurs à des fins politiques. Tinder n’autorisera pas des personnes à faire campagne à des fins politiques sur la plateforme. […] Peu importe le candidat. »

Mais là où le parti présidentiel a fait machine arrière, privilégiant de simples stickers sur les comptes des marcheurs, les écolos persistent. Sans surprise, les verts reconnaissent que plusieurs des comptes ont été supprimés au bout de quelques heures. Une modération que la plateforme avait annoncée ce matin. Mais l’opération reste un coup médiatique réussi.