Frustré par l'immobilisation de ses usines Tesla en Californie, le milliardaire rejoint le discours de Donald Trump et invite à libérer l'Amérique du confinement lié au coronavirus.

L’épidémie de coronavirus frappe les États-Unis de plein fouet et les différents États peinent à s’accorder sur une stratégie commune. Alors que le président Donald Trump a suggéré d’injecter des produits désinfectants dans le sang des malades et appelé à libérer l’Amérique, les États démocrates tentent de maintenir un confinement strict pour éviter que le virus se répande. C’est le cas, par exemple, de la Californie dirigée par Gavin Newsom, dont les équipes sanitaires ont annoncé que le confinement de la baie de San Francisco pourrait se prolonger au mois de mai.

Une déclaration qui n’est pas au goût d’Elon Musk. Le milliardaire propriétaire de Tesla et SpaceX, qui s’est déjà montré très fermé à l’idée que le coronavirus pouvait être autre chose qu’une petite grippe, n’apprécie pas que ses usines ne tournent pas. Et tout particulièrement celle de Tesla, qu’il avait prévu de rouvrir cette semaine, appelant ses employés à reprendre le chemin du travail. Une directive qui a été annulée dès lundi par l’entreprise, conformément aux directives sanitaires régionales.

Tesla Gigafactory 2 // Source : Tesla (via Electrek)

Elon Musk, une dangereuse influence ?

La décision a visiblement énervé Elon Musk, qui a immédiatement réagi sur Twitter par une série de tweets au mieux mal informés, au pire dangereux. Le premier relaie la tribune d’un entrepreneur américain, qui essaie tant bien que mal de tirer des chiffres sur le confinement pour les associer à sa théorie : cela ne marcherait pas si bien que cela. Un discours qui s’oppose à la réalité, où la plupart des pays ayant refusé la quarantaine stricte pour baisser la charge d’admission dans les hôpitaux sont revenus en totalité ou en partie sur leur décision. Singapour et le Royaume-Uni ont déclenché une quarantaine stricte et même la Suède, l’un des pays les moins stricts sur la question, a ajusté sa politique intérieure pour mettre en place des restrictions liées à la pandémie.

Le deuxième tweet du milliardaire félicite le Texas qui a décidé de lever la quarantaine dès vendredi 1er mai, avec des règles de regroupement stricts. Mais c’est peut-être le troisième tweet qui est le plus dangereux : un FREE AMERICA NOWlibérez l’Amérique, lâché sur les réseaux sociaux, et qui fait écho aux déclarations de Donald Trump. Alors que l’extrême droite américaine et complotiste se rassemble, armes à la main, pour contester le confinement et, dans certains cas, empêcher les hôpitaux de faire leur travail, ces déclarations ont été perçues comme un appel à la révolte armée des citoyens contre leurs dirigeants. D’autant que Trump les a associés à une invitation à protéger le second amendement, qui définit le port d’armes aux États-Unis.

Difficile d’y percevoir une quelconque ironie sous le clavier d’Elon Musk. À une « mère Trumpiste » qui lui répond que «  le pire dans cette histoire, c’est de voir des Américains subordonner leur liberté acquise au prix du sang à des politiciens corrompus qui leur promettent la sécurité », Elon Musk approuve : « Vrai  ». Sans véritablement considérer le risque que de telles déclarations puissent associer Tesla ou SpaceX aux recommandations dangereuses de leur patron, comme cela a pu être le cas par le passé.

Aux États-Unis, un million de cas ont été confirmés et les décès comptabilisés se portent à 58 000. La courbe des nouveaux cas déclarés ne baisse toujours pas.

Courbe des nouveaux cas de coronavirus // Source : Google

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