Au centre du conflit entre Google et Uber, l'ingénieur Anthony Levandowski a été condamné à verser 179 millions de dollars à Google, son ancien employeur, pour des pratiques déloyales et trompeuses pour débaucher ses ex-collègues. Mais ces ennuis ne sont pas terminés.

179 millions de dollars. Voilà en principe le montant qu’est censé verser Anthony Levandowski à Google, dans le cadre d’un litige portant sur des technologies pour la voiture autonome.

Cet ingénieur américain, qui a d’abord travaillé pour Google avant de passer chez Uber, ne sera pas toutefois pas en mesure de sortir cette somme de sa poche, sa fortune se situant entre 50 et 100 millions de dollars. Le New York Times rapporte d’ailleurs que l’intéressé a demandé la protection de la loi sur les faillites à la suite de sa condamnation.

Cette sanction, confirmée le 4 mars par un tribunal de San Francisco, après avoir été établie en décembre par un comité d’arbitrage, porte seulement sur une facette de l’affaire qui mêle Waymo (la filiale de Google dans la conduite autonome), Uber, M. Levandowski et Otto, sa startup fondée quand il a quitté Google en 2016. Startup qui s’est vendue à Uber à peine six mois après avoir quitté son ancien employé.

En l’espèce, il était reproché à Anthony Levandowski d’avoir usé de pratiques déloyales et trompeuses pour débaucher secrètement ses collègues de Google afin qu’ils le rejoignent dans sa startup.

Google et sa filiale Waymo ont entamé des poursuites contre Uber et Anthony Levandowski, le second ayant été accusé d’avoir profité des secrets industriels volés par le premier. // Source : Waymo

D’autres soucis judiciaires à l’horizon

La condamnation prononcée le 4 mars pourrait donner lieu à un nouveau conflit, cette fois entre Anthony Levandowski et… Uber. En effet, il existe aujourd’hui une incertitude sur la portée du contrat de travail de l’ingénieur américain, puisque celui-ci laisse entendre que ce serait au géant du VTC de supporter tout ou partie de cette indemnisation. Le groupe a toutefois fait par de ses désaccords avec son ex-employé.

Aux difficultés actuelles s’ajoute un troisième dossier, cette fois sur fond de vols de secrets commerciaux. L’intéressé fait face à 33 chefs d’accusation depuis août 2019. L’affaire, qui est en cours, l’expose à 10 ans de prison s’il est condamné et à une amende de 250 000 dollars par secret dont le vol est démontré. Il a plaidé non coupable. En 2017, Google est passé à l’attaque devant les tribunaux.

Concernant le conflit entre Uber et Google, qui se font désormais face sur le marché de la voiture autonome, les choses se sont apaisées en 2018 avec la signature d’un accord à l’amiable. Cela s’est traduit par le versement par Uber de l’équivalent de 245 millions de dollars en actions à Waymo.

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