Uber et Waymo ne passeront donc pas par la justice pour régler leur querelle autour de certaines technologies utilisées pour la conduite autonome. En effet, les deux entreprises ont trouvé un accord à l'amiable pour mettre fin à leur dispute.

Le premier grand procès autour de la voiture autonome n’impliquera finalement pas Uber et Waymo. Alors que les deux entreprises américaines étaient bien parties pour se retrouver devant les tribunaux, elles ont finalement trouver un terrain d’entente pour éviter que la justice ne s’en mêle.

Uber a en effet accepté de verser l’équivalent de 245 millions de dollars en actions à Waymo. L’entreprise spécialisée dans le secteur du VTC s’en tire bien : initialement, il était question d’un procès aux conséquences désastreuses sur le plan financier (on parlait de 2,6 milliards de dollars en dommages et intérêts).

CC FreeStocks

Les sommes ont toutefois retrouvé des niveaux moins astronomiques au fil des mois. Il a ainsi été question d’un règlement d’un milliard de dollars puis de 500 millions de dollars, à chaque fois en échange de l’arrêt des poursuites et de la signature d’un accord de licence sur les technologies développées par Waymo.

Waymo, la filiale de Google dans la voiture autonome, a entamé ses poursuites en février 2017 : selon elle, Uber a racheté la startup d’un ancien ingénieur de Waymo, Anthony Levandowski, pour récupérer les 14 000 fichiers qu’il aurait dérobé à son ancien employeur avant de démissionner.

waymo

Vol de technologies

En l’espèce, Waymo accusait Uber de vol de technologie sur sa méthode de télédétection par laser (Lidar), qui se base sur la lumière pour repérer et évaluer la distance des obstacles se trouvant à proximité du véhicule. Cependant, une partie des griefs de Waymo a été abandonnée, parce qu’Uber ne se servait plus de certaines technologies au cœur du litige.

Après sa démission de Waymo, début 2016, Anthony Levandowski a fondé sa startup dédiée aux camions autonomes, Otto, qui a été rachetée quelques mois plus tard par Uber, dans le seul but de récupérer ces données, à en croire les accusations de Waymo — qui étaient évidemment contestées par son rival.

Depuis, Anthony Levandowski a été viré par Uber pour son manque de collaboration avec la justice.

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Le PDG d’Uber.
CC Phocuswright

Quant aux relations entre Uber et Waymo, il est difficile de savoir si elles pourront retrouver leur niveau d’antan. En tout cas, le PDG d’Uber, Dara Khosrowshahi, s’est efforcé , dans un message public, de tendre la main à Waymo pour essayer de l’avant, même s’il a estimé malgré tout que toute cette affaire reste, de son point de vue, infondée.

« À nos amis d’Alphabet [la maison-mère de Waymo, ndlr] : nous sommes partenaires, vous êtes un investisseur important d’Uber et nous partageons une conviction profonde dans le pouvoir qu’a la technologie pour améliorer la vie des gens. Bien sûr, nous sommes aussi des concurrents. Et même si nous ne sommes pas d’accord sur tout ce qui va suivre, nous convenons que l’acquisition d’Otto par Uber aurait pu et aurait dû être traitée différemment », écrit-il.

« Pour être clair, bien que nous ne croyons pas qu’aucun secret commercial ne soit passé de Waymo à Uber, ni qu’Uber a utilisé les informations exclusives de Waymo dans sa technologie de conduite autonome, nous prenons des mesures avec Waymo pour nous assurer que notre Lidar et notre logiciel ne constituent que notre travail. […] Bien que je ne puisse effacer le passé, je peux m’engager à ce que nous en tirions des leçons, et cela éclairera nos actions futures », conclut-il.

 

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