« Dans cinq ans, on verra des politiques extrêmes sur le climat ». Ole Wæver, l'un des plus grands chercheurs en politique internationale, nous dresse le portrait d'un monde où le climat est un enjeu sécuritaire, entre interventions de l'ONU et géo-ingénierie.

11 novembre 2019, c’est le printemps à l’université de Sydney. Alors que le sud-est de l’Australie brûle depuis plusieurs semaines, un chercheur danois s’apprête à parler de sécurité climatique devant 500 personnes. C’est un peu par hasard qu’il se retrouve là en semestre sabbatique, et s’il a choisi ce sujet, c’est parce que celui-ci est moins «  nerd  » que ses travaux actuels.

Son nom ne vous dira probablement rien, et pourtant, dans son domaine, Ole Wæver est une star. Il est l’un des esprits les plus renommés en politique internationale, qu’il a bouleversée avec son concept de « sécuritisation ». Figure médiatique dans son pays, fait chevalier par la reine du Danemark, il est proche depuis longtemps des décideurs de Copenhague et s’amuse que «  la moitié du personnel du ministère des Affaires étrangères sont [ses] anciens étudiants  ».

Image satellite montrant la fumée des feux de brousse en Australie, le 12 novembre 2019.
Agence spatiale européenne

Quand il sort de sa conférence, le ciel de Sydney est rouge sang, teinté par un brasier qui se rapproche pour la première fois de la capitale économique. «  C’était futuriste, apocalyptique  », se rappelle-t-il, visiblement affecté et ayant du mal à trouver ses mots. Deux mois plus tard, les incendies poursuivent leur destruction. «  C’est une expérience écrasante  », raconte celui qui a l’impression d’avoir «  vu le futur  ».

C’est justement de ce futur que Ole Wæver veut parler. Après avoir bâti sa carrière sur l’étude des discours sécuritaires et de leurs conséquences politiques, c’est de la crise climatique dont il s’inquiète. Pas seulement du cas où «  on ne la résoudrait pas et où on sauterait de la falaise  ». Mais surtout, même si on la résolvait, comment le faire sans sacrifier la démocratie ?

Conflits climatiques contre sécuritisation

Quand on pense « réchauffement climatique » et « sécurité internationale », on imagine des tensions et des guerres liées aux catastrophes environnementales. Ce n’est qu’une seule de deux visions complètement différentes du sujet, suivant un clivage durable en études de sécurité.

Soit «  le réchauffement climatique est la cause de conflits, et est donc un problème de sécurité  » : cette vision traditionnelle et «  facile  » revient à dire que «  les choses ne deviennent des problèmes de sécurité que quand les gens commencent à se tirer dessus  ». Ou soit «  le réchauffement climatique en tant que tel est une menace sécuritaire  », contre laquelle les gens doivent se mobiliser.

Sur le premier aspect, Ole Wæver pense que la crise climatique catalysera bien des violences. «  Le réchauffement climatique va déplacer des populations  », par exemple avec la montée de la mer dans des régions densément peuplées comme le Bangladesh, «  et ces migrations vont favoriser les conflits  ».

Ole Wæver est reconnaissable de loin à ses chemises colorées. // Source : Mark Rhinard

Mais chercher le lien entre réchauffement et guerres n’est pas anodin. Cela intéresse de près ce que Wæver appelle «  le côté obscur de la Force  »  : les militaires et les services de renseignement, désœuvrés depuis la fin de la Guerre froide, qui veulent prédire les conflits futurs et rester sur le devant de la scène — quitte à s’immiscer dans les questions climatiques.

Pour éviter cela, on peut choisir la deuxième interprétation selon laquelle il existe des problèmes de sécurité autres que militaires. Il suffirait de les regarder au microscope des choses comme le crime, la religion, les pandémies, le climat… et mesurer laquelle est plus dangereuse ou menaçante qu’une autre. Mais ces sujets sont tellement hétéroclites que les comparer n’a très vite plus de sens.

Dire qu’une chose est un problème de sécurité, c’est la placer au-dessus de tout le reste

Il faut alors retourner la question : «  qu’est-ce qu’on est en train de faire en désignant quelque chose comme un problème de sécurité ? Quelle différence ça fait ? » C’est qu’on place ce problème au-dessus de tous les autres et on dit qu’il faut le régler à tout prix, avec toutes les mesures nécessaires, aussi extrêmes soient-elles.

Voilà le concept phare d’Ole Wæver : la sécuritisation, c’est-à-dire utiliser des mots pour transformer quelque chose en problème de sécurité. Avec ce langage chargé d’urgence, on tente de convaincre un public de nous laisser «  outrepasser les formes normales de la politique qu’on respecterait en temps normal  ». Ce jeu-là peut mobiliser des forces extraordinaires, mais il est dangereux.

Car si le public accepte la nécessité de contrer la menace, on peut alors enfreindre les libertés publiques, s’affranchir du contrôle démocratique, ou encore envahir l’Irak en 2003 en arguant que le pays aurait des armes de destruction massive. «  Cela aurait été mieux de contrer le réchauffement sans sécuritisation, mais on ne l’a pas fait, et c’est plus ou moins trop tard maintenant  », lance le chercheur.

La dure tâche de sécuritiser le climat

Le climat semble être abondamment sécuritisé dans les discours actuels. «  Si on regarde les sondages, le réchauffement est largement vu comme la plus grande menace. » Une récente étude menée en Australie, pourtant à la traîne dans le domaine, montre que les deux tiers des personnes interrogées veulent que le pays soit mobilisé sur le climat comme il l’était lors des deux guerres mondiales.

Pourtant, personne ne prend de mesures urgentes, et au plus voit-on quelques politiques timides. On ne sait pas trop ce qui coince. Jaap de Wilde, un ancien collègue d’Ole Wæver, estimait que vu que les politiques environnementales sont des sujets très techniques, elles finissent aspirées dans la bureaucratie normale des États.

Wæver suggère de son côté que c’est parce qu’il «  n’y a pas de solution simple  » pour le climat. Contrairement à d’autres domaines comme la défense, le crime ou le contre-terrorisme, où c’est plus évident de dire «  voici la menace, on doit acheter plus de matériel militaire, ou mettre des gens en prison, ou instaurer plus de surveillance  ».

Il ajoute «  qu’on n’a pas de bon parallèle historique  » sur les menaces climatiques. Comme l’écrit son collègue Olaf Corry, «  les chars chinois sont plus faciles à sécuritiser que les centrales à charbon chinoises, bien que les dernières puissent finir par causer bien plus de ravages  ». En clair, les gens sont tout simplement plus sensibles aux menaces qu’ils ont déjà affrontées par le passé, comme l’éternelle menace militaire.

Un char chinois Type 99. // Source : Max Smith

Entretemps, une aura sécuritaire se répand sur toutes les questions climatiques. Ce n’est plus seulement le réchauffement qui est désigné comme menace. Les activistes pro-climat, tels que ceux d’Extinction Rebellion, sont dépeints par certains comme voulant saper la démocratie. «  Le mot [climat] est toujours là, mais il est employé pratiquement à l’opposé de ce qui aurait du sens  ».

À vouloir décoincer la machine de la sécuritisation, certains poussent la logique à l’absurde. Tel le chercheur Jem Bendell, controversé chez les climatologues pour avoir dit qu’il «  est maintenant trop tard pour empêcher un futur effondrement de nos sociétés à cause du réchauffement climatique ». «  On voit difficilement à quoi ça sert de dire ce genre de choses  », ironise Wæver non sans agacement. L’argument du point de non-retour est d’ailleurs souvent brandi par les climatosceptiques pour décrier le discours majoritaire, qui dit en substance : «  on nous avait dit il y a 12 ans qu’il ne nous restait plus que 12 ans, puis il y a 5 ans qu’il nous resterait encore 12 ans, et maintenant on est encore là  ».

«  L’argument n’est pas qu’au bout d’un certain nombre d’années, le monde va exploser en morceaux. C’est que plus on attend, plus dure sera la solution. Bien sûr, on peut encore résoudre le problème, mais ce sera dix fois plus douloureux que si on l’avait fait il y a 10 ans.  »

« Le monde ne va pas exploser en morceaux. Mais plus on attend, plus douloureuse sera la solution »

D’où la question, in fine, de la démocratie. «  Si le tournant est lent, on peut le faire via le processus politique normal. Si on fait un tournant super rapide, et qu’on doit changer notre système économique, énergétique et de transports, c’est très difficile de voir comment on peut faire passer ça par la prise de décision normale.  »

Sous l’effet de la sécuritisation ambiante, les populations sont de plus en plus prêtes à accepter n’importe quelle mesure extrême. «  Aujourd’hui, personne ne sait quoi faire, donc ça ne va nulle part. Mais je suis assez sûr que ça ne sera plus le cas dans cinq ans. Dans cinq ans, on aura vu de la sécuritisation conduisant à des mesures politiques extrêmes. » Pour justifier cette date très proche, Wæver donne des éléments.

D’abord, «  le budget carbone va être entièrement dépensé dans les années à venir. Il n’y a plus de marges de manœuvre ». Les conséquences sont de plus en plus visibles, comme en Australie, où les incendies sont réels et ne font plus partie d’un futur hypothétique. Mais surtout, «  la rhétorique de l’urgence est là, d’une manière qui s’est accélérée de façon spectaculaire sur l’année passée  ».

2019 : « you failed us »

Car oui, Ole Wæver affirme que «  2019 est une année historique  », et ce pour trois raisons : la militante suédoise Greta Thunberg, le mouvement de désobéissance civile Extinction Rebellion, et la crise des incendies en Australie.

Dans le cas des deux premiers, c’est en partie parce que les jeunes, les « générations futures » dont tant d’autres ont parlé à leur place, se sont mis à faire entendre leur voix. Mais en réalité, le tournant tient en un discours fondamentalement nouveau, résumé en une phrase de Greta Thunberg devenue emblématique : «  you failed us ».

De deux choses l’une. Avant, les solutions climatiques proposées étaient très portées sur la coopération transnationale, la société civile et les calculs de risque — «  l’argument très familier de dire que si vous allez chez le médecin et qu’il vous dit que vous avez 90 % de chances d’avoir telle maladie, vous n’allez pas refuser le traitement  ». On est très loin de l’État souverain et des mesures sécuritaires d’urgence.

« 2019 est une année historique »

Greta Thunberg n’a que 16 ans, mais elle a déjà une grande influence. // Source : Wikipedia

2019 retourne paradoxalement la donne. Quand Extinction Rebellion prône le renversement de l’ordre politique actuel à cause de son inaction, «  au premier abord, ça donne vraiment l’impression de vouloir faire revenir le pouvoir de l’État aux activistes. Mais c’est en fait un argument ultra classique du 16e ou 17e siècle sur le droit à la rébellion ».

Et dans le «  you failed us  » de Greta Thunberg, le «  you  » désigne l’État, dans sa version conservatrice et «  patriarcale » de défenseur suprême, qui a failli à sa mission fondamentale de protéger ses citoyens. C’est une logique sécuritaire très orthodoxe, qui braque les projecteurs sur les décideurs politiques et les exhorte à jouer un rôle de protecteur.

Cela rejoint le deuxième point. «  Pour simplifier, en politique, on n’a généralement que deux positions sur un sujet donné. La plupart d’entre nous n’arrivent pas à gérer plus de positions que cela.  » Dans le débat sur le climat, c’était jusqu’à récemment les climatosceptiques contre ceux qui ne le sont pas. Les premiers avaient beau être minoritaires, ils menaient la danse au sens où ils coalisaient les autres contre eux dans un grand fourre-tout.

«  C’est devenu une discussion entre « ne faisons rien » et « faisons quelque chose » ». Et dans ce dernier camp, «  peu importe que la solution soit réaliste  » tant qu’on fait bien comprendre qu’on n’est pas climatosceptique. «  Beaucoup de politiciens pouvaient s’en sortir même si ce qu’ils faisaient était manifestement insuffisant  ».

« Le rôle de protecteur et de sauveur est très attirant pour n’importe quel leader politique »

Néanmoins, c’est en train de changer. Les climatosceptiques existeront toujours, mais se trouvent éclipsés par une nouvelle ligne de fracture dans le débat : les politiciens qui disent «  on a fait quelque chose  », et la population qui rétorque «  non, je m’en fiche de ce quelque chose, je veux des vraies solutions qui marchent  », explique Wæver.

«  Si dans trois ans, le monde est dans l’humeur générale de se dire « merde, on est vraiment baisés, on a tout poussé à ses limites, qui va nous sauver ? », il y aura une grosse prime politique à faire partie des décideurs qui nous sauveront. Le rôle de protecteur et de sauveur est très attirant pour n’importe quel leader politique. Ils aimeraient être ceux qui mènent la nation à travers une grande guerre et sauvent le pays.  » Au moins, c’est clair.

«  On n’a pas encore trop joué avec cette idée, parce qu’on est habitués à voir nos politiciens traîner des pieds, poursuit le penseur, mais imaginez la situation politique si soudain, ils sont en concurrence les uns avec les autres pour être celui qui va vraiment, côté environnement, montrer de la détermination, du patriotisme, et toutes les valeurs et rhétoriques dont on a l’habitude quand on pense aux guerres.  »

Débuterait alors une course aux mesures drastiques, alimentée par la sécuritisation «  pour le meilleur et pour le pire  ».

À quoi ressemblera le futur ?

Pour Ole Wæver, la plupart des mesures sur le climat seront prises d’en haut, à un niveau international. Par là, on n’entend pas les quelque 200 pays siégeant à l’Assemblée générale de l’ONU — une institution très démocratique dans son fonctionnement, mais en contrepartie très molle dans ses actions. Ce serait plutôt un petit groupe de cinq ou dix pays puissants, qui imposerait sa volonté aux autres comme cela se passe souvent en géopolitique.

De là, deux possibilités. La plus probable est ce qu’on appelle un hub agreement  : les quelques plus gros pollueurs se réunissent autour d’une table et décident d’une solution entre eux. D’ici là, tout le monde aura été convaincu de prendre des mesures d’urgence, et des économistes comme la prix Nobel Elinor Ostrom ont montré que les gens se comportent de manière étonnamment altruiste dès qu’on les met face à face (ou qu’on les enferme dans une pièce jusqu’à ce qu’ils trouvent un accord).

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies. // Source : Jay Reed

L’autre option est plus provocante. «  Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait en principe décider demain que le réchauffement climatique est une menace pour la paix et la sécurité internationales  », affirme Ole Wæver en reprenant le langage onusien. «  Ils pourraient imposer une solution au monde, c’est dans leur compétence, et le droit international n’empêcherait pas ça  ».

Beaucoup d’analystes pensent qu’il est irréaliste d’envisager une action du Conseil de sécurité, ce corps de cinq pays puissants (la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie) et de dix membres non permanents chargé de veiller à la stabilité mondiale. Le Conseil est en effet criblé par l’indécision, les cinq membres permanents s’entravant mutuellement par leur droit de veto.

«  Les mêmes désaccords qui traversent le cadre [international] normal se retrouvent aussi dans le Conseil de sécurité  », admet Ole Wæver. S’il concède qu’il n’utilise généralement l’exemple du Conseil de sécurité «  que comme un moyen de montrer aux gens que cela pourrait se produire très rapidement  », il suggère que l’hypothèse est moins invraisemblable qu’il n’y paraît.

« La Chine est ironiquement le pays hyperrationel »

Pour que le Conseil de sécurité agisse sur le climat, il faudrait l’accord des cinq membres permanents. La France et le Royaume-Uni ne devraient pas poser de soucis. Les États-Unis de Donald Trump seraient fermement opposés, mais si les présidentielles de novembre 2020 élisent un démocrate, l’attitude pourrait brusquement s’inverser.

Contrairement aux apparences, la Chine est «  modérément favorable au climat. C’est ironiquement un pays hyperrationel, qui jusqu’à récemment était largement dirigé par des ingénieurs ». Pékin est très au fait des risques posés par le climat pour l’agriculture, la qualité de l’air ou les inondations sur le Fleuve Jaune, et a donc été relativement coopératif sur les dernières années.

Quant à la Russie, elle est «  dans la situation étrange qu’elle bénéficie du réchauffement climatique au moins autant qu’elle en souffre  ». Moscou serait très intéressé d’exploiter les voies maritimes arctiques et de cultiver son vaste et froid territoire. Le pays voudra sans doute économiser ses efforts, mais a aussi sa fierté : «  la Russie adore être une grande puissance qui construit des solutions pour le monde  ».

Une manifestation en Grèce contre les mesures d’austérité, en 2010. // Source : Joanna

Dans les deux cas, des mesures d’urgence seraient imposées aux pays, sans forcément leur demander leur avis. Certains pourraient être suffisamment proches de la transition écologique pour s’en sortir dignement, comme «  peut-être mon propre pays, le Danemark  », ou encore des pays d’Afrique. Mais d’autres devraient passer par des changements tellement radicaux «  qu’on ne pourrait pas de manière réaliste amener les gens à voter pour  ».

Le scénario ressemblerait alors à la crise économique de la zone euro il y a une dizaine d’années. La Grèce et d’autres pays avaient été forcés par l’Union européenne et le Fonds monétaire international à prendre des mesures d’austérité sévères, via un gouvernement technocratique. Les citoyens n’avaient pas eu leur mot à dire.

« Même quelques entreprises privées pourraient faire de la géo-ingénierie »

Une possibilité très différente impliquerait la géo-ingénierie, ou ingénierie climatique, qui consiste à interférer avec le système du climat terrestre pour le refroidir artificiellement. «  Jusqu’à il y a un an, l’ingénierie climatique était presque taboue » du fait de son caractère très intrusif et risqué, mais comme ailleurs les choses se sont accélérées.

«  La grande ironie est que ça ne demande pas un cadre international. Beaucoup de pays dans le monde sont en position de le faire. Même quelques entreprises privées pourraient en être capables. Ce serait probablement une mesure désespérée, prise par des pays qui auront décidé que les conséquences du réchauffement climatique sont insupportables pour eux.  »

Et vu qu’un pays ne peut pas modifier le climat sans en faire subir les conséquences à tous les autres, il y a de quoi envisager des scénarios géopolitiques graves — comme la Chine qui, en injectant des aérosols dans l’atmosphère pour dévier les rayons du soleil, couperait la mousson en Inde.

«  Tout cela est un argument très impopulaire, mais je comprends pourquoi  », soupire Ole Wæver. «  Les activistes du climat n’aiment pas être associés à des forces non démocratiques  ». Le chercheur estime qu’on parle encore trop peu de ces sombres implications politiques, et espère voir émerger une discussion pour trouver «  les moins pires » solutions.

Mais finalement, en disant que la question climatique menace à terme la démocratie, Wæver n’est-il pas lui-même en train de sécuritiser le climat, à sa manière ? «  Oui, je pense. Je dis que ces différentes manières de gérer le climat sont dangereuses en elles-mêmes. Et qu’il faut sécuritiser la sécuritisation pour essayer de surmonter cela ».

Crédit photo de la une : Claire Braikeh pour Numerama

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