Adam Mosseri, le dirigeant d'Instagram, a fait l'objet de deux canulars dangereux début novembre. Il n'est pas le premier cadre de Facebook à en faire les frais.

Le swatting ne concerne plus que des vidéastes ou streameurs. Le dirigeant d’Instagram, Adam Mosseri, a lui aussi été la cible de ces canulars dangereux à deux reprises, rapporte le New York Daily News ce 5 novembre.

Le swatting consiste à passer un appel d’urgence et faire croire qu’un événement grave se déroule chez la cible du canular, comme un kidnapping ou des tirs d’arme à feu. Le but est de faire intervenir les forces de l’ordre sur place. Le terme fait référence au SWAT, les unités d’élite de la police américaine.

La police utilise les données pour prédire de potentiels crimes. Image d’illustration. // Source : Pixabay

Adam Mosseri et sa famille ont fait l’objet de plusieurs swattings début novembre. La police est intervenue, armée, dans sa résidence de San Francisco et dans un appartement qui appartient à son frère, à New York.

Le New York Daily News précise que dans les deux cas, les forces de l’ordre ont rapidement compris qu’il s’agissait d’un canular.

L’un des appels a été passé le 3 novembre par un homme qui disait être Adam Mosseri. Il assurait s’être disputé avec sa femme et lui avoir tiré dessus à trois reprises. L’autre appel, survenu deux jours plus tôt, faisait état d’une fusillade en cours dans la maison du dirigeant d’Instagram.

Des canulars particulièrement dangereux

D’autres cadres de Facebook (propriétaire d’Instagram) ont été la cible de swattings. En janvier, la police a reçu un appel anonyme. Au bout du fil, une personne accusait un employé spécialisé en cybersécurité du réseau social d’avoir tué sa femme et pris en otage leur enfant. Tout s’est heureusement fini sans heurts.

Les interventions des forces de l’ordre dans le cadre d’un swatting sont parfois violentes, car proportionnelles à la menace qu’ils évaluent. Ceci est d’autant plus dangereux que les victimes ne s’attendent pas du tout à les voir débarquer chez elles. La surprise mêlée à la peur provoque de mauvaises réactions.

En août, le champion du monde de Fortnite a été swatté. Il a témoigné : « Ils viennent vraiment avec des armes. Ça fait peur, ils auraient pu juste me descendre  ». Il explique que pour lui, le canular s’est heureusement bien fini, car un policier l’a reconnu et a compris ce qu’il se passait.

En décembre 2017, un Américain de 28 ans, Andrew Thomas Finch, n’a pas eu cette chance. Il a été tué par les forces de l’ordre lors d’un swatting. Elles croyaient qu’il était armé et avait des otages. L’auteur du canular, condamné à 20 ans de prison en avril 2019, ne le connaissait même pas. Il s’était disputé avec un joueur lors d’une partie de jeux vidéo en ligne. Ce dernier l’avait défié de venir régler ses comptes chez lui, mais il lui avait donné son ancienne adresse. C’est Andrew Thomas Finch qui y vivait depuis quelques mois.

Les appels de ce type sont considérés aux États-Unis comme un crime. Ils sont aussi punis en France car considérés comme un délit de fausse alerte. Ils sont passibles de deux ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

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