L'auteur d'un canular téléphonique qui a entraîné la mort d'une personne dans une affaire de « swatting » a été condamné à vingt ans de prison.

Vingt ans de prison. Voilà le jugement qu’a rendu le 29 mars un tribunal à l’encontre de Tyler Rai Barriss, un Américain de 25 ans. Sa faute ? L’homme avait appelé la police en décembre 2017 en faisant croire à une prise d’otage. Mais la victime, qui n’avait rien à voir avec les faits, a été abattue par les forces de l’ordre au cours de l’intervention.

Une dispute sur un jeu vidéo

À l’origine de ce fait divers se trouvent deux jeunes adultes qui se sont disputés sur le jeu vidéo Call of Duty : WWII, sorti un mois avant le drame. Un pari sur une partie en ligne a mal tourné et un premier joueur, Casey Viner, âgé de 18 ans, menace alors son interlocuteur, Shane Gaskill, qui a un an de plus, de représailles pour la perte qu’il a dû essuyer.

Désireux de donner le change et de ne pas perdre la face, Shane Gaskill dit alors à Casey Viner qu’il attend. Il lui donne même une adresse, sauf qu’il ne s’agit pas de celle où il se trouve actuellement — c’est manifestement une ancienne résidence qu’occupait sa famille jusqu’en 2016. Entretemps, un nouveau propriétaire s’y est installé, un certain Andrew Thomas Finch, âgé de 28 ans.

Celui-ci n’a rien à voir avec les deux joueurs, le pari ou avec Call of Duty : WWII. Mais c’est pourtant à son domicile que la police intervient, puisque c’est cette adresse qui a été communiquée par Tyler Rai Barriss — celui-ci avait été précédemment contacté par Casey Viner pour qu’il se charge des basses œuvres. Malheureusement, la police croit qu’Andrew Thomas Finch est armé et fait feu.

C’est donc une personne complètement étrangère qui s’est retrouvée victime collatérale d’un canular téléphonique qui a dérapé.

Le jeu Call of Duty : WWII.

Pas à son coup d’essai

Mais comme le pointe NBC News, la sanction très lourde infligée à Tyler Rai Barriss s’est fondée sur des circonstances aggravantes : le mis en examen était déjà connu de la justice pour des fausses alertes à la bombe provoquant l’évacuation de bâtiments, notamment en visant le FBI et le régulateur des télécoms américain. Ses appels ont concerné pas moins de  17 États fédérés.

En novembre 2018, Tyler Rai Barriss a plaidé coupable sur un total de 51 accusations. Il devra en outre payer 5 000 dollars à la municipalité où se sont déroulés les faits, afin de rembourser la part qu’elle a versée pour les funérailles d’Andrew Thomas Finch. Casey Viner et Shane Gaskill ont aussi été mis en examen et risquent d’importantes amendes et de passer par la case prison.

Bien qu’américain, le swatting a malheureusement traversé l’Atlantique. Un joueur français, Bibix, en a par exemple été victime. Face à ce phénomène, la loi est néanmoins armée : au le plan pénal, celui ou celle qui propage une fausse information peut se voir condamner à deux ans de prison au maximum et à une amende dont le montant peut atteindre 30 000 euros. C’est l’article 322-14, qui a déjà servi par le passé.

Ces sanctions concernent aussi l’intervention inutile des secours.

À lire sur Numerama : La police met en garde contre le swatting

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