L'activiste suédoise Greta Thunberg et quinze autres jeunes ont déposé une plainte contre la France. Ils reprochent à plusieurs pays de porter atteinte aux droits des enfants énoncés dans une convention internationale.

Mise à jour à 13h45 : Emmanuel Macron s’est exprimé au micro d’Europe 1, évoquant « des positions très radicales de nature à antagoniser nos sociétés » pour décrire la plainte déposée par les jeunes activistes. Le président français a déclaré : « Je n’ai pas le sentiment que le gouvernement français ou le gouvernement allemand, aujourd’hui, sont en train de bloquer. »

Article original : « Comment osez-vous ? » : à la tribune des Nations Unies, Greta Thunberg a interpellé les dirigeants politiques sur leurs engagements face à l’urgence climatique le 23 septembre 2019. En compagnie de quinze autres jeunes activistes, la jeune femme a également décidé d’attaquer la France en justice.

L’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et la Turquie sont également concernés par cette plainte. Les seize jeunes activistes reprochent à ces États leur inaction, qu’ils estiment être une atteinte à la convention internationale des droits de l’enfant, rapporte l’AFP. Ce traité international, qui a été adopté par l’ONU en 1989, reconnaît des droits spécifiques aux enfants.

Greta Thunberg à Stockholm. // Source : Flickr/CC/ulricaloeb (photo recadrée)

Malgré la ratification de ce texte par presque tous les pays reconnus par l’ONU (seuls les États-Unis ne sont pas parties au traité, car il proscrit la condamnation à la peine de mort pour les mineurs criminels), les activistes pour le climat estiment que la France, l’Allemagne, l’Argentine, le Brésil et la Turquie « n’ont pas tenu leurs engagements », a résumé Greta Thunberg. Les jeunes qui ont déposé la plainte sont âgés de 8 à 17 ans et viennent de 12 pays différents.

Un protocole qui permet aux enfants de porter plainte

Les activistes ont eu recours à un protocole facultatif à la convention, qui établit une « procédure de présentation de communications ». En vigueur depuis 2014, ce texte octroie la possibilité à des particuliers (qui relèvent de la juridiction d’un État partie) de présenter des communications dans lesquelles ils « affirment être victimes d’une violation » d’un droit énoncé dans la convention par un État qui en est membre. Les enfants peuvent porter plainte auprès d’un comité de l’ONU si leurs droits ont été violés. Si ce comité constate la violation des droits, il se tourne alors vers l’État en question pour lui faire des recommandations.

Ce lundi, Greta Thunberg a accusé les dirigeants du monde de « trahison », critiquant leur inertie. « Mon message est que je vais vous avoir à l’œil », a-t-elle prévenu. Reste à savoir si la plainte qu’elle vient de déposer aura un véritable effet pour inciter les pays à respecter leurs engagements, notamment ceux pris dans les accords de Paris sur le climat.

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