Bannissement de Huawei du marché des États-Unis, possible restriction chinoise sur l'exportation des terres rares... la guerre commerciale entre les USA et la Chine se poursuit. Avec parfois des coups surprenants.

La guerre commerciale que se livrent la Chine et les États-Unis s’étend décidément à tous les étages. Il y a les grandes manœuvres, à l’image de la décision de Donald Trump de bannir Huawei du marché des télécoms au nom de « l’urgence nationale ». Google a suivi le mouvement en révoquant sa licence Android. Un sursis de 90 jours a toutefois été obtenu pour que l’équipementier chinois puisse se retourner.

Huawei
Huawei au MWC 2019. // Source : Huawei

Actions mesquines…

Il y a aussi des actions bien plus mesquines, comme celle qui a abouti à suspendre la diffusion de Game of Thrones en Chine. Résultat, les clients de la plateforme de SVOD locale, Tencent Video, ont été privés du dénouement de la série. Officiellement, côté chinois, cette interruption serait dû à un problème technique empêchant la bonne diffusion du dernier épisode.

Sansa Stark, héroïne de Game of Thrones. // Source : HBO

Mais côté américain, une autre version est donnée. Le Wall Street Journal a obtenu d’un porte-parole de HBO, la chaîne de télévision américaine qui a produit la série, l’information selon laquelle Tencent a reçu l’instruction des autorités chinoises de ne pas le projeter… à cause des tensions commerciales entre les deux superpuissances. Tensions demeurent malgré des réunions bilatérales à n’en plus finir.

On peut s’interroger sur les raisons qui ont poussé Pékin à faire de cette série un élément de sa stratégie de riposte face aux rétorsions prises par Washington — surtout que cela pourrait avoir un effet boomerang puisque l’ordre viendrait de l’Empire du Milieu. À court terme cependant, cela risque surtout d’avoir pour effet de jeter des millions de fans sur les sites pirates chinois.

…et menaces stratégiques

Une mesure de rétorsion autrement plus stratégique de la Chine consisterait à resserrer la vis sur les terres rares. Les principales réserves de ces métaux, indispensables pour la mise au point des produits de haute technologie, seraient situées sur le territoire chinois. En tout cas, c’est la Chine qui est le pays qui en extrait le plus, et cela depuis des dizaines d’années, au point d’inonder le marché international.

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Praséodyme, Cérium, Lanthane, néodyme, samarium et gadolinium. // Source : Peggy Greb

Ce levier n’a pas encore été actionné par Xi Jinping, le président de la République populaire de Chine. Mais la récente visite effectuée sur un site d’extraction de terres rares, dans l’est du pays, indique Les Échos, a envoyé un signal assez clair : l’approvisionnement en terres rares pourrait se tarir pour les Américains s’ils continuent à adopter une ligne dure dans les négociations.

Une menace qu’il convient de relativiser : RFI note que si Chine reste le premier fournisseur mondial elle est aussi devenue le premier pays importateur au monde. « La Chine devient dépendante en terres rares alors qu’elle était en capacité d’assécher le marché à elle toute seule au début des années 2010 », écrit la radio. De plus, des gisements très prometteurs, hors de l’influence chinoise, ont été repérés au large du Japon.

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