Webedia, propriétaire de JeuxVideo.com, adhère au code de conduite européen contre la haine en ligne. Celui-ci exige le contrôle des signalements en moins de 24 heures.

Dailymotion n’est plus la seule entreprise française à adhérer au « code de conduite » de l’Union européenne contre la haine en ligne. Depuis le 4 février, une autre société hexagonale accepte que soit évaluée sa capacité à supprimer rapidement les propos haineux et illégaux publiés sur ses espaces : il s’agit de Webedia, l’éditeur des sites JeuxVideo.com et Allociné. Entre autres.

Le ralliement de Webedia a été annoncé ce jour par la Commission européenne. « Par notre adhésion, nous souhaitons être toujours plus transparents et construire les garde-fous nécessaires à l’usage responsable de nos services. C’est en nous engageant à veiller au respect de tous que nous garantissons la meilleure liberté d’expression » réagit Webedia dans un communiqué.

Un code en vigueur depuis 2016

En vigueur depuis mai 2016, le code de conduite demande notamment aux parties prenantes (outre Dailymotion et Webedia, les sociétés suivantes ont accepté de s’y soumettre : Facebook, Microsoft, Twitter, YouTube, Instagram, Snapchat et Google+) de réagir en moins de 24 heures à toutes les notifications reçues concernant des contenus litigieux et de les supprimer si nécessaire.

Ainsi, le code exige un examen de « la majorité des signalements valides en moins de 24 heures et, s’il y a lieu, retirent les contenus visés ou en bloquent l’accès », l’intensification de la coopération avec d’autres plateformes « pour renforcer les échanges de bonnes pratiques » et une meilleure information aux internautes pour les sensibiliser «  aux types de contenus qui ne sont pas autorisés ».

En tout, douze points composent ce code, mais ce dernier n’impose rien de vraiment neuf. Il confirme avant tout l’importance et le rôle des outils de signalement des contenus qui sont hors-la-loi, mais aussi le besoin de formation de personnels spécifiques pour traiter ces notifications et la nécessité d’un meilleur contact avec les associations spécialisées, qui ont un rôle de « rapporteurs de confiance ».

commission européenne union bruxelles
La Commission européenne encourage l’adoption de ce code de conduite. // Source : Richardprins

Dérive sur les forums

Si le code de conduite ne réinvente pas la roue, l’annonce de Webedia de s’y conformer témoigne d’une prise de conscience au sein de l’entreprise de la dérive incontrôlable qui s’est saisie d’une fraction de la communauté du site JeuxVideo.com au fil des ans. Dérive qui a pris des proportions effrayantes, faute d’une modération suffisante, donnant à certains membres un sentiment d’impunité.

Le cas du cyber-harcèlement de la journaliste Nadia Daam est symptomatique de ce manque de maitrise. L’intéressée a subi une campagne d’une rare violence sur Internet à la suite d’une chronique sévère à la radio. Cependant, l’affaire avait fini par prendre un tournant judiciaire, avec l’interpellation et la condamnation de trois internautes qui avaient publié des menaces de mort contre la chroniqueuse.

Les forums de JeuxVideo.com accueillent 150 000 nouveaux messages par jour

Du fait de la notoriété de Nadia Daam, Webedia fut mis devant ses responsabilités, car non seulement le politique s’en est mêlé, avec un courrier de la secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa, mais en plus des menaces d’ordre économique ont commencé à apparaître, avec des appels à boycott demandant aux marques à ne plus annoncer sur Webedia.

L’engagement que prend Webedia sera difficile à venir, vu l’ampleur de l’activité qu’il y a sur JeuxVideo.com. Selon l’entreprise, il y a chaque jour plus de 150 000 messages qui sont publiés sur les forums. Fort heureusement, la grande majorité ne pose pas de problème. C’est sur une fraction de cet ensemble que la société va devoir faire preuve de célérité. Car désormais, ses performances de modération seront évaluées.

À lire sur Numerama : Menaces en ligne contre Nadia Daam  : le cyberharcèlement peut être puni en France

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