Le parlement britannique a récupéré un dossier qui contient des informations confidentielles sur la politique relative aux données de Facebook. Il pourrait donner des informations supplémentaires sur les mécanismes utilisés par Cambridge Analytica.

Facebook n’en a pas fini avec le scandale autour de Cambridge Analytica. The Guardian a rapporté samedi 24 novembre que le parlement britannique s’est saisi de documents relatifs aux décisions du géant américain sur le contrôle des données de ses utilisateurs. Les parlementaires ont envoyé un sergent d’arme pour saisir ces données confidentielles auprès de Ted Kramer, le propriétaire de l’entreprise d’application Six4Three, en procès avec le géant américain depuis 2014.

D’après les avocats de Six4Three, le dossier exposerait que Facebook était non seulement conscient des conséquences de sa politique de données, mais qu’il les exploitait. Six4Three va jusqu’à affirmer que Facebook a intentionnellement créé et signalé la faille utilisée par Cambridge Analytica pour collecter les données.

Le parlement britannique passe à l’action contre Facebook

Puisque Mark Zuckerberg refuse de se déplacer pour répondre aux questions de l’assemblée britannique, le conservateur Damian Collins a trouvé les informations qu’il recherchait d’une autre façon. Il a utilisé un mécanisme parlementaire rarement mis en œuvre pour forcer le fondateur de l’entreprise de logiciel Six4Three, présent à Londres à l’occasion d’un voyage d’affaires, a communiquer les documents relatifs à Facebook qui étaient en sa possession.

Le parlement britannique a invoqué une procédure rarissime pour récupérer les données obtenues par Six4Three // Source : Parlement britannique

« C’est une action sans précédent pour une situation sans précédent. Nous avons échoué à obtenir des réponses de la part de Facebook et nous pensons que ces documents contiennent des informations de grand intérêt public », a déclaré Damian Collins auprès du Guardian. Le parlement a envoyé un sergent d’arme à l’hôtel de Ted Kramer pour réclamer les documents, ne lui laissant qu’un délai de deux heures pour collaborer.  Le propriétaire de Six4Three risquait amendes et emprisonnement en cas de refus.

Un dossier soutiré des mains d’un créateur d’applications peu scrupuleux

Ces documents pourraient donner de nouvelles indications sur les décisions relatives aux données des utilisateurs opérées par Facebook avant le scandale. Ce dossier, protégé par la cour de Californie, mais récupéré par Six4Three via une mesure d’instruction, contiendrait notamment des e-mails confidentiels avec les dirigeants de Facebook et Mark Zuckerberg.

Cet été, Ted Kramer affirmait au micro de CNN que « Facebook lui-même a commis le plus grand abus de données de l’histoire de l’industrie du logiciel. » Il réclame au réseau social une compensation pour les 250 000 dollars qu’il avait investi dans le développement de l’application Pikini. Particulièrement dérangeante, l’application permettait à ses utilisateurs de rechercher les photos en bikinis de leurs amies.

Face à la controverse, Facebook avait retiré l’application, même si elle n’allait pas à l’encontre de son règlement tel qu’il était en 2013. À l’époque, les applications tierces avaient accès à des informations de Facebook sur leurs utilisateurs, mais aussi sur les ami(e)s de leurs utilisateurs, y compris leurs photos. L’entreprise avait changé son règlement dès 2015.

Un porte-parole de Facebook a déclaré que « les revendications de Six4Three n’ont aucune valeur  », et a réaffirmé la ligne de défense de l’entreprise. S’il est facile de s’opposer à une entreprise qui proposait une application pour collecter des photos de femmes en bikini, il sera plus compliqué de répondre au scandale qui pourrait émerger du dossier récupéré par le parlement britannique.

 

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