Après Londres, c'est au tour de Washington de charger Moscou au sujet de NotPetya, une cyberattaque d'envergure qui a eu lieu l'an dernier.

Londres n’est pas la seule capitale occidentale à pointer du doigt la responsabilité de la Russie dans l’affaire NotPetya. De l’autre côté de l’Atlantique, Washington est sur la même ligne que son allié européen. Dans un bref communiqué, la Maison-Blanche déclare que « l’armée russe a lancé en juin 2017 la cyberattaque la plus destructrice et la plus coûteuse de l’histoire ».

Comme le Royaume-Uni, les USA n’ont pas non plus fourni d’éléments techniques permettant de soutenir ces allégations. Ils ont en revanche adopté un ton beaucoup plus offensif, pour ne pas dire menaçant, à l’égard de Moscou, en décrivant NotPetya comme une « cyberattaque imprudente et aveugle qui aura des conséquences internationales ».

Une « cyberattaque imprudente et aveugle qui aura des conséquences internationales »

Cette attaque «  s’inscrivait dans le cadre des efforts continus du Kremlin visant à déstabiliser l’Ukraine et témoigne plus clairement encore de l’engagement de la Russie dans le conflit en cours », a ajouté le communiqué, publié jeudi 15 février. Elle s’est toutefois « rapidement répandue dans le monde entier, causant des milliards de dollars de dégâts en Europe, en Asie et dans les Amériques ».

Du côté de la Russie, un porte-parole du Kremlin avait déjà vigoureusement démenti les accusations du Royaume-Uni, les jugeant sans fondement et les qualifiant de russophobe.

CC Gula08

Silence à Paris

Pour sa part, Paris n’a pas jugé bon de dire publiquement qui à l’origine de NotPetya. Selon Le Monde, des enquêteurs, dans le cadre d’une procédure ouverte par le parquet de Paris, ont pu conclure un protocole d’accord avec les services de renseignement ukrainiens pour accéder à leurs analyses sur NotPetya. La France a fait partie des pays qui ont été touchés par ce logiciel malveillant.

Hors cadre judiciaire, il est probable que les services spécialisés de l’État, comme l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi), la Direction générale de la sécurité extérieure (Dgse) ou les structures militaires, à l’image du Commandement de cyberdéfense, ont pu collecter des éléments pour savoir vers qui regarder. Mais nous n’en saurons rien : secret défense oblige.

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