Marie Ekeland devait être la première femme à présider le Conseil national du numérique. Un rôle que l'intéressée a finalement occupé très peu de temps, puisqu'elle a annoncé sa démission le 19 décembre après un désaccord avec le gouvernement.

Ce devait être une grande première pour le Conseil national du numérique. En effet, pour la toute première fois de son histoire, l’instance consultative, qui est « chargée d’étudier les questions relatives au numérique, en particulier les enjeux et les perspectives de la transition numérique de la société, de l’économie, des organisations, de l’action publique et des territoires », allait être présidée par une femme : Marie Ekeland.

Finalement, il n’en sera rien : à peine quelques jours après sa nomination, l’intéressé a annoncé sa démission. La raison ? Il lui est impossible de continuer son travail sereinement après la controverse née avec l’arrivée au Conseil de deux personnalités, Rokhaya Diallo Hicham Kochman. « Je ne vois pas aujourd’hui, comment continuer à le porter en maintenant son essence et de bonnes chances de réussite », a-t-elle déclaré.

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CC Jean-Baptiste Bellet

C’est le 11 décembre que sa nomination avait été officiellement actée, même si elle avait été éventée par Mounir Mahjoubi, le secrétaire d’État au numérique et ancien président du Conseil, au détour d’un entretien donné au Monde en octobre. « Elle a accepté », avait-il affirmé. Cette institution, Marie Ekeland la connaissait très bien : elle en était membre de l’institution depuis 2013 et a été confirmée dans ses attributions en 2016.

En prenant les rênes du CNNum, Marie Ekeland devait mettre un terme à une période un peu flottante au sein de l’instance, causée par le départ de Mounir Mahjoubi au début de l’année 2017 pour rejoindre l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron. Depuis cette date, la direction était confiée à trois vice-présidents, Guy Mamou-Mani, Sophie Pène et Amal Taleb.

Cette nouvelle présidence devait aussi tourner la page d’une institution qui fonctionnait ces derniers temps avec un effectif réduit. En effet, les rangs du  Conseil national du numérique s’étaient quelque peu clairsemés ces derniers temps avec plusieurs départs constatés depuis janvier. Il y a eu la démission de Mounir Mahjoubi, mais aussi celles de Godefroy Beauvallet (il a réintégré l’institution depuis), Daniel Kaplan et des trois vice-présidents qui ont géré l’intérim au CNNum.

Or, si Godefroy Beauvallet est parti un temps parce qu’il a été nommé directeur du cabinet de Christophe Sirugue, le secrétaire d’État chargé de l’industrie, les démissions de Guy Mamou-Mani, Sophie Pène et Amal Taleb, survenues entre le 17 juillet et le 4 octobre, sont la conséquence, rapporte Le Monde, d’un mécontentement au sein du CNNum du fait du désintérêt manifeste du gouvernement pour l’avenir de l’institution.

Le Conseil national du numérique, qui compte en temps normal trente membres, ne fonctionnait plus qu’à vingt-quatre, sans président ni vice-présidents.

Qui est Marie Ekeland ?

C’est en 1997 que Marie Ekeland débute sa carrière, après des études d’ingénierie en mathématiques et en informatique lui ayant permis de décrocher un diplôme au sein de l’université Paris IX Dauphine ainsi qu’un master d’analyse et politique économique à l’école d’économie de Paris.

Pendant trois ans, elle travaille pour la banque d’affaires américaine JP Morgan, à New York puis à Paris. En tant que développeuse informatique, elle conçoit une application destinée aux salles de marché puis gère l’équipe responsable de son support global. En 2000, elle exerce au sein de l’équipe capital risque de Crédit Agricole Private Equity.

Daphni.

Cinq ans plus tard, elle passe chez Elaia Partners, toujours dans le capital risque, avant de partir en 2014. Entretemps, en 2012, elle cofonde France Digitale, une association qui veut rapprocher les entrepreneurs et les investisseurs impliqués dans l’innovation et l’économie numériques. Elle en est aussi la vice-présidente. En 2015, elle cofonde Daphni, un fonds d’investissement dans lequel elle est toujours en poste.

Elle siège par ailleurs aux conseils d’administration de Parrot (une société spécialisée dans la vente de drones pour le grand public), du site de commerce en ligne ShowroomPrivé, de l’institut Louis Bachelier, « un réseau de recherche partenariale qui finance, diffuse et valorise la recherche d’excellence en économie et en finance ». Elle a aussi siégé dans plusieurs autres sociétés (Criteo, Teads.tv, Ykone, Allmyapps, Wyplay et Scoop.it), mais elles ne sont pas mentionnés dans sa déclaration d’intérêts, les mandats étant révolus.

(mise à jour le 11 décembre avant l’officialisation de sa nomination)

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