C’est l’élection clé de la Cinquième République, et Emmanuel Macron entend agir dessus, ne serait-ce que pour assurer sa bonne organisation technique.
Lors d’une réception des maires de France au Palais de l’Élysée le 16 avril 2026, le chef de l’État a annoncé la mise en chantier d’un projet de loi visant à protéger les processus électoraux des manipulations numériques venant notamment de l’étranger. Aucun pays en particulier n’a été mentionné, mais les ombres de la Russie et des États-Unis planent.
Le président de la République, qui ne pourra pas se représenter en 2027 en raison des deux mandats consécutifs qu’il est en train d’achever (mais il lui est possible de revenir en 2032), sait que la présidentielle va concentrer sur elle beaucoup d’attention, y compris au-delà des frontières nationales, en raison du poids de la France dans l’Union, mais aussi dans le monde.
Ainsi, devant les élus locaux, Emmanuel Macron a annoncé que l’exécutif va « prendre toute une série de textes pour permettre de mieux protéger le débat démocratique des vicissitudes des réseaux sociaux. »
Le tacle à peine masqué à Elon Musk
Durant son discours, Emmanuel Macron a fait comprendre aux maires que la prétendue neutralité des plateformes est une illusion. Il a d’ailleurs visé sans le nommer Elon Musk : le milliardaire a en effet bouclé le rachat de X (ex-Twitter) à grands coups de milliards en 2022 et depuis le fonctionnement du service a été profondément remodelé.
« Aujourd’hui, il est manifeste qu’il y a des gens qui ont les réseaux sociaux qui ont certaines idées politiques […] mais ils les utilisent et ils poussent les contenus des gens auxquels ils croient », a lancé le chef de l’État.
Pour contrer cette asymétrie de l’information politiquement orientée, une réalité « établie par des scientifiques », insiste-t-il, Emmanuel Macron juge qu’il faut intervenir au cœur du réacteur : les algorithmes. Aujourd’hui, ils « ne sont pas transparents », a-t-il relevé. Ouvrir la boîte noire de ces services est la clé une « bataille européenne. »
Interdire les faux comptes en Europe
Autre gros chantier que le président de la République aimerait voir aboutir : la mise à l’écart des faux comptes sur les réseaux sociaux, au moins au sein du territoire européen.
« Aujourd’hui, on peut pousser des contenus dans des campagnes avec des faux comptes », a observé Emmanuel Macron. La réponse de l’Élysée ? « On va se battre au niveau européen pour interdire ces faux comptes. L’Europe doit être le premier territoire où on les interdit ». Il reste cependant à savoir quel sera l’échafaudage juridique et technique pour y parvenir.
Emmanuel Macron a toutefois pris soin de déminer un terrain explosif pour les défenseurs des libertés numériques. Interdire les faux comptes, oui, mais sans toucher à la liberté d’avancer masqué. « L’anonymat, c’est un sujet beaucoup plus délicat », concède le chef de l’État, rappelant que seul un magistrat peut le lever.

Mais si le gouvernement parvient à bannir les bots à l’échelle européenne, ce sera « une révolution », a-t-il relevé, « parce qu’on interdit les batailles numériques où d’un seul coup vous vous trouvez avec des centaines de milliers de gens qui sont achetés par tel ou un tel qui vous attaquent et disent le pire. »
Mais là encore, le diable se niche dans les détails. Encore faut-il parvenir à démontrer qu’un compte est factice, piloté depuis l’étranger ou animé par un programme informatique. Et cela, sans imposer une vérification d’identité à tout le monde — même si on semble progressivement en prendre le chemin, ne serait-ce que pour exclure les mineurs.
Aligner le web sur le Code électoral face aux ingérences
« Et puis on doit réguler la parole sur les réseaux sociaux », a lâché le chef de l’État : la formule a de quoi faire bondir.
Mais Emmanuel Macron cible ici un angle très précis de la loi électorale. Le but est d’empêcher la monétisation sauvage de l’opinion, « en particulier la possibilité d’acheter cette parole dans les périodes électorales comme on le fait dans la vraie vie, si je puis dire ».
Avec l’appui de Viginum (le service de traque de la désinformation) et du Secrétariat général à la défense et la sécurité nationale, « le gouvernement aura à présenter un projet de loi et des mesures réglementaires pour améliorer la protection de nos élections contre les ingérences étrangères », un fléau qui, a-t-il déploré, « a touché beaucoup de nos voisins ».
Le chronomètre tourne. À tout juste un an de la présidentielle de 2027, ces chantiers sont « en train d’être finalisés. »
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