Alors que le mouvement de défense des droits des joueuses et des joueurs et de la préservation des jeux vidéo Stop Killing Games bat son plein, un texte de loi visant à empêcher la disparition totale des jeux achetés progresse en Californie.

Porté par des défenseurs de la préservation du jeu vidéo, le mouvement Stop Killing Games, ou Stop à la destruction des jeux vidéo, dénonce la disparition de jeux devenus injouables après la fermeture de serveurs, et réclame des garanties légales ainsi que des solutions de conservation, considérant ces pratiques comme une forme d’obsolescence programmée menaçant le patrimoine vidéoludique.

Stop Killing Games a lancé plusieurs pétitions gouvernementales, dont la plus importante est l’initiative citoyenne européenne. Lancée en avril 2024, cette initiative citoyenne avait franchi en janvier 2026 une étape décisive, avec un large soutien des joueuses et joueurs : sur près de 1,5 million de signatures recueillies, 1 294 188 avaient été validées par l’Union européenne, soit environ 90 % des signatures jugées conformes.

Le site de Stop Killing Games // Source : Stop Killing Games
Le site de Stop Killing Games // Source : Stop Killing Games

De l’autre côté de l’Atlantique, la proposition de loi AB 1921, surnommée Protect Our Games Act, vient de marquer son tout premier point sur le terrain législatif américain, en imposant maintenant de nouvelles obligations aux éditeurs de jeux vidéo lorsqu’ils décident de mettre fin au support d’un titre dépendant de serveurs en ligne. Validée par l’Assemblée de Californie, la loi prévoit que les éditeurs devront désormais :

  • prévenir les joueuses et les joueurs au moins 60 jours avant l’arrêt des serveurs
  • proposer une solution pour que le jeu reste accessible après la fin du service
  • ou offrir une alternative comme une version jouable hors ligne, des serveurs communautaires, ou un remboursement

Si le texte est encore loin d’être définitif – il doit passer par le Sénat de Californie puis éventuellement être promulgué – son adoption par l’Assemblée est considérée comme un premier signal politique fort et une lueur d’espoir pour le mouvement du côté de l’Europe.

Stop Killing Games devient de plus en plus une réalité

Ce premier vote est un signal important envoyé aux éditeurs du monde entier. Le projet de loi s’appliquerait à tous les jeux vidéo dématérialisés payants sortis après le 1er janvier 2027. Sont exclus les jeux proposés via des services d’abonnement et les jeux free-to-play.

Ce mouvement de fond illustre à quel point la préservation des jeux vidéo est en train de quitter les marges du débat pour s’imposer comme un enjeu central. Si le texte venait à être définitivement adopté par le Sénat californien, il pourrait faire figure de précédent susceptible d’influencer d’autres régions du monde.

La Californie concentre en effet plusieurs acteurs majeurs de l’industrie, dont Blizzard (World of Warcraft, Overwatch), Electronic Arts, Riot Games (League of Legends) ou encore Santa Monica Studio (God of War), ce qui en renforce le poids symbolique. Dans ce contexte, cette avancée est également perçue comme un signal encourageant pour le mouvement européen Stop Killing Games, qui y voit une dynamique internationale de plus en plus favorable à ses revendications.

L’initiative européenne a été présentée lors d’une audition publique au Parlement européen le 16 avril 2026. La réponse de la Commission est attendue pour le 27 juillet 2026.

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