La parenthèse ouverte par les industries culturelles va-t-elle bientôt se refermer ? Dans un entretien, Francis Ford Coppola considère que les artistes ne devraient pas vivre de leur art, ni faire de l’argent avec. Dans son cas, le cinéaste américain rappelle qu’il finance ses films grâce à son autre activité, dans l’industrie du vin.

Dans un récent entretien accordé au site The 99 Percent, Francis Ford Coppola a tenu des propos très largement à contre-courant du discours des industries culturelles. Alors que ces dernières s’inquiètent des effets néfastes du piratage pour leurs affaires, le cinéaste américain conteste l’idée qu’un artiste doit vivre et faire de l’argent avec son art. Pour lui, cette parenthèse est peut-être en train de se refermer.

« Vous devez vous rappeler que ça ne fait que quelques centaines d’années que les artistes travaillent avec de l’argent. Les artistes n’ont jamais eu d’argent. Les artistes avaient un patron, soit le chef de l’État, le duc de Weimar ou encore l’église et le pape. Ou alors, les artistes avaient un autre emploi. J’ai un autre emploi. Je fais des films. Personne ne me dit quoi faire. Mais je fais de l’argent dans l’industrie du vin » a expliqué Coppola.

« L’idée que Metallica ou n’importe quel chanteur de rock n’ roll puisse devenir riche ne devrait pas nécessairement se produire à nouveau. Parce que nous entrons dans un nouvel âge, l’art sera peut-être gratuit. Peut-être que les étudiants ont raison. Ils devraient être en mesure de télécharger de la musique et des films. Je vais sans doute être fusillé pour avoir dit cela. Mais qui a dit que l’art devait coûter de l’argent ? Et surtout, qui a dit que les artistes devaient faire de l’argent ? » a poursuivi l’auteur de la trilogie du Parrain.

Sur l’ensemble des artistes, amateurs et professionnels, rares sont en effet ceux qui peuvent tirer un revenu substantiel de leur art pour en vivre. C’est même une exception plutôt que la norme. Beaucoup ont un emploi à côté et assouvissent leur passion sur leur temps libre. Finalement, le phénomène des industries du divertissement est apparue assez tardivement dans l’Histoire.

La position de Francis Ford Coppola aura forcément ses détracteurs. Mais elle a le mérite de la totale indépendance. Et surtout, elle s’inscrit dans une réflexion plus générale. Au mois de décembre 2009, le cinéaste avait évoqué les moyens pour concurrencer le piratage des œuvres. Pour lui, il est primordial de revenir aux sources du cinéma et d’offrir plus d’interactivité grâce à l’évolution des technologies.

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