Face au mécontentement croissant d'une partie des développeurs, Google ajuste encore la commission qu'il applique sur les achats et les abonnements in-app.

La fronde envers les taux de commission qu’appliquent Google et Apple sur les achats et les abonnements in-app prend de l’ampleur, au point de pousser les deux géants à lâcher toujours plus de lest. Le dernier exemple en date vient de la firme de Mountain View, qui a fait part le 21 octobre de la nécessité de « faire évoluer notre modèle commercial pour répondre aux besoins des développeurs. »

Concrètement, cette évolution va se traduire par une diminution du taux prélevé sur les abonnements à partir du 1er janvier 2022. Ce taux, qui s’établit à 30 % aujourd’hui, passera à 15 % l’année prochaine. La révision de ce taux s’appliquera dès le premier mois d’abonnement, au lieu de se déclencher au bout de douze mois d’abonnements d’affilée comme c’est le cas actuellement.

Le problème, c’est que les mobinautes ne restent pas nécessairement engagés sur un service pendant un an sans discontinuer. Résultat, les éditeurs peinaient à profiter de ce taux réduit, car les particuliers passent assez facilement d’un service à l’autre. Le délai requis constituait un critère trop compliqué, qui n’était atteint que sur une trop petite fraction de la clientèle, la plus fidèle.

Google fait face à une fronde des développeurs

Derrière ce souci apparent à l’égard des  développeurs figure aussi une autre réalité : la menace qui pèse sur les commissions des magasins d’applications Google Play et l’App Store. Une pression de plus en plus forte se manifeste du côté du législateur, à l’image de la nouvelle législation en Corée du Sud qui interdit à Apple et Google de forcer à se servir de leur système de paiement, mais aussi des développeurs.

Plusieurs très grosses entreprises se sont rassemblées dans une nouvelle structure de lobbying, baptisée Coalition for App Fairness, pour tenter de réduire au maximum le taux pratiqué par Apple et Google — et critiquer régulièrement les baisses annoncées par l’un et l’autre, qui sont perçues comme des diversions. Epic Games, éditeur de Fortnite, est même allé jusqu’à intenter un procès à Apple. Un nouveau round est prévu, qui pourrait peut-être déterminer le destin de Fortnite sur l’iPhone.

Google est, comme Apple, confronté à une grogne des développeurs. // Source : Louise Audry pour Numerama

Pour tenter de faire redescendre la pression, Apple a annoncé en novembre 2020 que la commission ponctionnée sur les achats et les abonnements pour des éditeurs générant moins d’un million de dollars par an était ramenée à 15 %, au lieu de 30 %, à partir du 1er janvier 2021. Google avait suivi le mouvement quelque temps plus tard, avec une annonce en mars 2021 pour une entrée en vigueur en juillet.

Avec toutes ces nouvelles politiques, «  le résultat est que 99 % des développeurs peuvent bénéficier d’une commission de service de 15 % ou moins », avance Google — qui pointe aussi le fait que 97 % de toutes les applications ne sont pas concernées de toute façon, car elles ne vendent rien. Mais il n’est pas sûr que cela suffise à contenter les membres de la Coalition for App Fairness.

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