En des contextes de pandémie de coronavirus et de confinement, la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) ne sera pas ouverte à tous les Françaises et Français le 3 juin comme c'était initialement prévu.

Le lancement de Salto ne se fera pas comme prévu. En ce contexte difficile de pandémie de coronavirus, qui contraint au confinement la moitié de la population mondiale, la plateforme de vidéo à la demande par abonnement (SVOD) française vient d’annoncer des changements de modalités de lancement, comme Numerama a pu le confirmer auprès de l’entreprise.

Salto devait sortir officiellement le 3 juin 2020 avec un grand « lancement test » qui aurait été accessible à tous les Français et Françaises, avait confirmé Thomas Follin, son directeur général, au Figaro. Finalement, la plateforme de vidéo en streaming sera ouverte uniquement « sous la forme d’un bêta-test privé », dit-elle dans un communiqué le 3 avril après une première information révélée par les Echos, et « envisage un glissement de son lancement commercial de septembre à l’automne 2020 », ce qui laisse donc la porte entrebâillée jusqu’à fin décembre de cette année.

Qui aura accès à cette version test ? À ce jour, l’entreprise n’a pas donné de précisons sur le sujet.

Image d’accueil de la plateforme SALTO // Source : Salto.fr

Des « reports sur toute la chaîne de fabrication des programmes »

Salto justifie cette prise de décision par un constat : des « reports sur toute la chaîne de fabrication des programmes : arrêt des tournages et de la post-production, indisponibilité des programmes étrangers avec la suspension sur les doublages, retard sur la livraison des contenus ». En somme, même si la plateforme avait pu être techniquement lancée à temps — actuellement, 200 membres de l’équipe de Bedrock, la filiale de M6, développent cette solution —, il aurait été difficile de savoir avec quels contenus. Et surtout, il aurait été quasiment certain qu’aucun contenu exclusif n’aurait pu être finalisé pour cette date.

D’un côté, la décision de Salto peut se comprendre : le service sait qu’il est scruté, et qu’il ferait l’objet de nombreuses critiques (ou moqueries) s’il arrivait avec uniquement des « vieux » programmes ou rediffusions peu qualitatives. De l’autre, l’entreprise française se coupe d’un potentiel marché, exceptionnellement plus gros qu’à l’accoutumée, et qui aurait peut-être été plus tolérant sur le lancement d’une offre « à minima », mais qui serait quand même venue combler un vide dans le panel de contenus français disponibles en streaming légal.

Depuis que les Françaises et Français sont confinés chez eux, les sites de streaming vidéo légaux connaissent en effet une forte hausse de leur trafic, comme l’a récemment rapporté le Monde avec des données de NPA Conseil. Disney+, la plateforme de SVOD de la multinationale américaine, va arriver le 7 avril dans un contexte de forte demande, et probablement avoir le même joli succès qu’ailleurs en Europe. Selon les Echos, Salto réfléchirait d’ailleurs à un abonnement moins onéreux pour rester concurrentiel face aux géants américains (6,99€ par mois pour Disney, 7,99€ par mois pour l’offre basique de Netflix).

Salto est une plateforme qui a vocation à proposer à la fois des contenus de flux (des chaînes en direct), en replay et à la demande (SVOD). L’idée a émané d’une collaboration entre les géants de l’audiovisuel français TF1, M6 et France Télévisions après des années de discussions compliquées. Ils ne sont désormais officiellement plus que « actionnaires » de l’entreprise indépendante (qui a une équipe et des locaux à part), même si ses salariés et cadres sont en partie des transfuges des groupes des actionnaires.

Crédit photo de la une : http://salto.media/

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