Alors que les USA cherchent à circonscrire Huawei, l'équipementier chinois a mis en lumière la dépendance importante de l'industrie des télécoms à ses équipements.

Le bras de fer qui se joue entre les États-Unis et Huawei, et à travers lui, la Chine, est aussi une bataille de communication, en plus d’être un conflit aux enjeux commerciaux et de sécurité. C’est ce que viennent rappeler les propos de Ryan Ding, un cadre du géant chinois des télécoms, alors que Washington fait lourdement pression sur ses partenaires pour les pousser à s’en détourner.

Et quoi de mieux pour Huawei que de rappeler le poids qu’il représente dans l’industrie des télécoms ? Selon des propos rapportés par TechCrunch le 25 juin, Ryan Ding a souligné au cours d’une conférence du secteur que son entreprise fournit aujourd’hui deux tiers des équipements 5G hors de Chine. Une manière de dire en filigrane que les opérateurs ne sont pas vraiment en mesure de se passer de lui.

Huawei

Parmi les pays mentionnés figurent des pays européens, comme la Suisse et la Finlande, et des nations pourtant politiquement très proches des États-Unis, à l’image du Royaume-Uni et de la Corée du Sud. En tout, il est question d’une cinquantaine de contrats signés sur la 5G à l’international et de la livraison de 150 000 stations de base. Il est vrai néanmoins que d’autres pays, comme l’Australie, ont choisir de bannir.

Les remarques de Huawei ne sont pas là par hasard : tandis que les USA clament que les risques de sécurité avec cet équipementier sont si élevés qu’ils justifient sa mise à l’index (même si Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait ne s’agir que d’un vaste bluff pour faire plier Pékin), d’autres pays, en poursuivant leur coopération avec Huawei, montrent que l’évaluation de la n’est pas tout à fait la même.

Pas d’interdiction en France

En ce qui concerne la France, Emmanuel Macron a déclaré mi-mai qu’il n’est pas dans ses intentions d’interdire à Huawei l’accès au marché français. « Notre perspective n’est pas de bloquer Huawei ou toute autre entreprise », a déclaré le chef de l’État. « Déclencher maintenant une guerre technologique ou une guerre commerciale vis-à-vis d’un autre pays n’est pas judicieux », a-t-il ajouté.

Plutôt que de fermer la porte à Huawei, et de s’exposer aussi à un mouvement d’humeur de la part de la deuxième puissance économique mondiale, la France a opté pour une voie réglementaire durcie, qui s’appliquera à l’ensemble du secteur — se focaliser sur un seul équipementier est de toute façon une erreur, car le piratage ou l’espionnage peut passer par d’autres installations.

C’est ainsi qu’a été rédigée une proposition de loi, qui a été adoptée  à l’unanimité par les députés ce printemps. Son examen au Sénat débute ce mercredi 26 juin.

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