Apple, Dell, Microsoft, Intel, HP, Sony, Nintendo... et les quelques 2 000 membres du principal lobby de la tech aux USA s'opposent aux futurs droits de douane de Donald Trump.

D’ordinaire rivaux sur le marché des tablettes et des ordinateurs portables, les géants de l’électronique grand public ont joint leurs forces face à un ennemi commun : Donald Trump et ses nouveaux droits de douane appliqués par les États-Unis sur les biens importés de Chine. En principe, ils doivent entrer en vigueur le 2 juillet et passer à 25 %, contre 10 % actuellement.

Dans une lettre commune adressée le 18 juin 2019 au Bureau du représentant américain au commerce, Microsoft, Intel, Dell et HP appellent Washington à renoncer à cette hausse : ce sont les clients américains qui seraient affectés en définitive, puisque le prix des produits augmenterait de 19 % — un chiffre issu d’une étude conduite par la Consumer Technology Association (CTA), un lobby de l’industrie.

Des hausses de prix en pagaille

Outre les effets néfastes sur la consommation des ménages, les quatre multinationales pointent des effets délétères pour les petites et les moyennes entreprises, mais aussi une baisse de leur capacité à investir dans la recherche et le développement, donc d’innover. En clair, cela aurait pour conséquence, in fine, de fragiliser le leadership américain dans le domaine de la tech face à d’autres groupes… chinois par exemple.

chine usa
Un round de négociation entre la Chine et les USA, en début d’année. // Source : Andrea Hanks

Le CTA livre d’autres chiffres pour appuyer son propos : le coût d’un smartphone augmenterait de 22 %, avec un prix moyen en hausse de 70 dollars pour un client américain. La hausse serait de 21 % pour les tablettes et les ordinateurs portables, avec une hausse respective de 50 et 120 dollars. Quant aux consoles, le prix grimperait aussi de 21 %, avec un renchérissement de 56 dollars.

D’ailleurs, rapporte Reuters, les trois poids lourds de l’industrie vidéoludique que sont Microsoft, Nintendo et Sony se sont fendus d’un communiqué séparé pour dire à peu près la même chose : ce sera désastreux pour tout le monde, y compris en termes d’emploi de ce côté-ci du Pacifique — un point sur lequel insiste aussi le CTA, qui évoque un impact sur près de 2 millions d’emplois.

Apple aussi tire la sonnette d’alarme

Ces analyses, Apple les partage. S’il n’a pas cosigné la missive avec ses quatre rivaux, la puissante marque américaine — qui est aussi membre du CTA — a également pris contact avec le représentant au commerce pour commenter l’élévation des droits de douane. En résumé, rien ne va : cela va réduire la contribution d’Apple à l’économie américaine, mais aussi affaiblir sa compétitivité à l’international — les principaux compétiteurs d’Apple ne se trouvent pas aux USA, mais ailleurs, là où les droits de douane n’ont pas d’effet.

Mac Pro 2019 et Pro Display XDR // Source : Julien Cadot pour Numerama

Apple ne donne pas publiquement son évaluation du renchérissement que cela va avoir sur son catalogue. Mais tous les équipements ou presque seront touchés : l’iPhone, l’iPad, le Mac, les AirPods, l’Apple TV, les pièces et batterie utilisées pour réparer les produits aux États-Unis, les périphériques (écrans, claviers), l’Apple Watch, les écouteurs, les enceintes, les batteries, etc. Il serait sans doute plus rapide de lister ce qui n’est pas touché, en fait, tant la mesure va ratisser large.

Nul doute que toute l’industrie tech américaine est aujourd’hui suspendue à la future rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping, son homologue chinois. Prévue pour le sommet du G20 au Japon, cette rencontre bilatérale déterminera quelles suites sont à donner à la guerre commerciale entre les deux superpuissances. Tous prient pour une baisse de la tension. Mais elle est loin d’être acquise.

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