L'Autorité de la concurrence remet de l'ordre dans la compétition entre enseignes high tech. Constatant que Fnac Darty n'a pas respecté toutes ses obligations, l'instance administrative contraint l'enseigne à céder deux boutiques. Un repreneur est dans les starting-blocks.

Lorsque l’Autorité de la concurrence a donné son feu vert à propos du rachat de Darty par la Fnac, une condition avait été imposée aux deux enseignes françaises : céder six magasins à Paris et en Île-de-France, parce que cette région ne bénéficie pas d’une alternative commerciale assez étoffée « pour garantir une concurrence effective par les prix et la qualité de services ».

Nous étions alors à la mi-juillet 2016 et les deux spécialistes de l’électronique grand public et de l’électroménager avaient alors un peu plus d’un an — jusqu’au 1er août 2017 — pour vendre six boutiques : cinq appartenant à Darty et se trouvant à Paris (Belleville, Italie 2, Beaugrenelle, Saint-Ouen et Wagram) et à Vélizy-Villacoublay, une affiliée à la Fnac, à Paris (Beaugrenelle).

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Obligation manquée de Fnac Darty

Cet objectif n’a pas été atteint. Aussi l’Autorité de la concurrence a-t-elle décidé, en juillet 2018, soit des mois après le dépassement de l’échéance fixée initialement, d’infliger une amende de 20 millions d’euros à Fnac Darty pour avoir omis de céder trois boutiques à un repreneur agréé dans les délais prévus : Fnac Beaugrenelle, Darty Belleville et Darty Saint-Ouen.

Pour justifier cette sanction, l’instance a observé, à son grand regret, que le groupe « n’a présenté ni contrat de cession, ni repreneur » pour la boutique de la Fnac, tandis que celui retenu pour les deux autres « ne présentait pas toutes les caractéristiques requises ». Dès lors, elle a jugé qu’il « a porté atteinte à l’équilibre général de la décision et empêché la restauration de l’animation concurrentielle ».

À la lecture du verdict, Fnac Darty a dit avoir «  fait ses meilleurs efforts pour exécuter les décisions demandées par l’Autorité  », ce qui n’était pas évident « dans un environnement très concurrentiel pour le commerce physique ». Toutefois, bien qu’ayant déclaré étudier « toutes les voies de recours à sa disposition pour contester le montant disproportionné de la sanction », un pan du verdict n’a pas été contesté.

Deux autres boutiques cédées

Il s’agit de la vente de magasins de substitution, puisque trois des six précédemment identifiés n’ont pas été cédés dans les temps. Au lieu de se débarrasser des boutiques à Saint-Ouen, Belleville et Beaugrenelle, l’Autorité de la concurrence a proposé à Fnac Darty de faire une croix sur les enseignes situées à Passy et Montmartre. Fin juillet, le groupe indiquait d’ailleurs avoir déjà déniché un repreneur.

Il s’agit de Boulanger. Le principe de cette opération a été approuvé le 6 août par l’instance administrative, qui juge qu’elle « ne soulève pas de problème de concurrence et peut donc être autorisée ». Cependant, son autorisation devra faire l’objet d’une procédure distincte, de façon à s’assurer que Boulanger remplit correctement les conditions incombant au repreneur.

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