En 2017, la Commission européenne a sanctionné Google pour ses pratiques abusives dans le marché des moteurs de recherche, parce qu'il a favorisé son comparateur de prix au détriment de la concurrence. La firme de Mountain View a depuis suggéré un remède, mais il ne satisfait pas les rivaux de Google Shopping.

Les comparateurs de prix souffrent toujours de leur mauvaise visibilité sur Google et la proposition de la firme de Mountain View pour restaurer une concurrence non faussée n’a de toute évidence par eu les effets escomptés. C’est en tout cas ce qu’affirment dix-neuf concurrents de Google Shopping dans une missive qui a été adressée en février à la Commission européenne.

« La proposition de remède actuelle avancée par Google n’est pas meilleure que les propositions d’engagement de Google faites auprès du commissaire Almunia [le commissaire européen à la concurrence jusqu’en 2014, ndlr], et elle pourrait être pire à certains égards », s’alarment les signataires, qui incluent le comparateur de prix français Twenga.

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CC Richardprins

Abus de position dominante

En 2017, après des années d’enquête, la Commission européenne avait enfin rendu une décision dans ce dossier, en condamnant Google à payer une amende de 2,4 milliards d’euros pour « abus de sa position dominante sur le marché des moteurs de recherche » parce qu’il a favorisé son comparateur de prix maison dans ses résultats de recherche, tout en rétrogradant ceux de ses concurrents.

Bruxelles avait exigé la fin de ce « comportement illégal » et prévenu Google ne pas recommencer, d’une façon ou d’une autre. Il était aussi demandé à l’entreprise « de respecter le simple principe d’égalité de traitement » entre Shopping et les services concurrents et d’appliquer à lui-même « les mêmes procédés et les mêmes méthodes de placement et d’affichage sur ses pages de résultats de recherche » qu’il impose aux autres.

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CC John Marino

Remède de Google critiqué

L’automne dernier, Google avait alors proposé la solution suivante : un système d’enchères pour laisser une place aux comparateurs de prix concurrents, avec des emplacements situés au-dessus des résultats d’une recherche. La proposition n’a toutefois pas vraiment plu. C’est même tout le contraire, puisque les rivaux de Shopping et plus généralement les contempteurs de Google ont chargé ce « remède ».

Le problème de fond dans ce dossier n’a pas changé : Google est à la fois juge et partie ; juge, car c’est lui qui opère le moteur de recherche et met à disposition les emplacements publicitaires pour les comparateurs de prix. Partie, car l’entreprise américaine avec son service Shopping a naturellement intérêt à être bien positionné et ressortir plus souvent que ses concurrents.

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