Les autorités thaïlandaises ont découvert une ferme à clics près de la frontière avec le Cambodge. Trois individus y étaient payés par une société afin de simuler un fort engagement avec des contenus sur WeChat, le réseau social chinois.

Nous savons désormais que plus de la moitié du trafic web mondial ne provient pas des humains, mais des bots. En 2017, plus de 6,5 milliards de dollars ont été détournés par des sites frauduleux, dont les visites ne sont générées que par des bots. Mais les bots ne sont pas les seuls moyens pour de tels sites d’augmenter artificiellement leur popularité, qui recourent aussi à un véritable business : les fermes à clics.

Cette forme de fraude au clic consiste à rémunérer — souvent faiblement — des individus pour qu’ils cliquent sur les liens publicitaires. Ce trafic simulé génère ainsi des revenus publicitaires supplémentaires pour le site fraudeur.

Selon l’AFP, l’Inde et les Philippines sont connus pour abriter des fermes à clics, qui ont permis à Hun Sen, premier ministre cambodgien, de devenir un phénomène sur les réseaux sociaux.

Un vaste réseau sur WeChat

En Thaïlande, les autorités viennent de découvrir une ferme à clics, en fouillant une maison située près de la frontière cambodgienne le 11 juin 2017. Les lieux avaient été investis par trois hommes de nationalité chinoise, Wang Dong, Niu Bang et Ni Wenbin, pour installer des centaines d’iPhones 5S, 5C et 4S branchés sur des moniteurs.

Au total, les policiers et soldats qui ont pénétré sur les lieux ont trouvé 474 iPhone et 347 200 cartes SIM appartenant à des opérateurs de téléphonie mobile thaïlandais, ainsi que 10 ordinateurs, précise The Verge. À l’origine, les autorités soupçonnaient les trois hommes de tenir un centre d’appels frauduleux. Néanmoins, ils ont bien déclaré qu’ils étaient payés afin de faire fonctionner un vaste réseau de bots sur WeChat, l’application de messagerie développée par Tencent Holdings qui totalise plus de 700 millions d’utilisateurs mensuels.

Les individus étaient payés par une société qu’ils refusent de nommer

Une société chinoise, que les individus ont refusé de nommer, leur fournissait les téléphones et les payait 150 000 baht thaïlandais (soit un peu moins de 4 000 euros). Ils étaient chargés de générer un fort engagement pour des produits vendus en Chine.

Les trois individus ont été interpellés par les autorités et risquent une peine d’emprisonnement de cinq ans pour avoir travaillé sans permis sur le sol thaïlandais.

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