La robotisation se poursuit jusque dans le monde culinaire : le distributeur Sally entend s'imposer dans les hôtels, aéroports et autres salles de gym pour proposer de nombreuses variétés de salades composées en une minute.

Oubliez les salades toutes faites commercialisées en grande surface et les compositions humaines : dans un futur proche, vous pourrez commander la préparation de votre choix en quelques interactions avec Sally, un robot-cuisinier qui prépare la verdure sous vos yeux en 60 secondes environ.

Actuellement de la taille d’un réfrigérateur, ce modèle utilise jusqu’à 21 ingrédients pour créer plus de 1 000 types de salades différentes. Sally compose une recette plus vite que les humains et indique en plus combien de calories se trouvent dans votre plat, ce qui permet d’éviter les mauvaises surprises lorsqu’on pense prendre la meilleure décision possible en privilégiant la verdure au hamburger, alors qu’elle peut parfois se révéler plus copieuse.

Cette invention est le dernier projet en date de l’entreprise Chowbotics, spécialisée dans la création de robots liés de près ou de loin à la nourriture. Si la création peut prêter à sourire, elle représente un projet très sérieux pour son créateur, Deepak Sekar, bien conscient du marché potentiel à conquérir en matière de restauration rapide, qui se chiffre en millions de dollars.

30 000 dollars l’unité

L’idée d’un tel appareil lui est venue dès 2014 : « Pendant la semaine, vous manquez vraiment de temps entre le travail et la famille. Je me suis penché sur le temps que je passais à cuisiner et j’ai réalisé que 85 % est composé de tâches répétitives comme le découpage. J’ai voulu consacrer ce temps à d’autres activités. »

Son premier robot préparait les ingrédients typiques de la cuisine indienne utilisés par sa femme et lui : son invention a ensuite séduit le propriétaire d’une douzaine de McDonald’s locaux, qui lui a apporté son aide pour développer son projet.

Depuis, Chowbotics a levé 6,3 millions de dollars de financement en provenance de différents investisseurs, dont l’entreprise derrière Fitbit. Sally, vendue 30 000 l’unité (ou louée 500 dollars par mois) a servi ses premières salades ce mois-ci au Mama Mia’s, un restaurant californien, mais aussi dans une cafétéria du Texas.

À la conquête des hôtels et des salles de sport

Deepak Sekar a l’intention de cibler des lieux bien spécifiques, comme les hôtels — pour offrir une alternative au room service et un moyen pratique de manger aux voyageurs qui arrivent à des horaires décalés –, les aéroports, les espaces de coworking et les salles de sport.

La robotisation n’est pas totale puisque des humains doivent fournir à Sally ses ingrédients prédécoupés. À l’avenir, Deepak Sekar espère pouvoir en créer une version plus réduite pour en faire un appareil destiné aux foyers, à l’instar des premiers ordinateurs qui étaient très imposants avant de conquérir le grand public et de devenir toujours plus compacts. Il tempère toutefois : « Il ne faudra peut-être pas des années pour créer un robot à domicile abordable mais ce n’est pas non plus pour l’an prochain. »

L’entrepreneur prévoit aussi de décliner son robot pour préparer des spécialités culinaires — chinois, mexicain ou encore indien — voire pour le petit-déjeuner selon les demandes du public.

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