L'étoile KIC 8462852 s'est fait remarquer l'an dernier du fait d'un phénomène tout à fait inhabituel se déroulant au niveau de son orbite. Mais toutes les explications les plus raisonnables ne parviennent pas à lever le mystère.

L’intrigante étoile KIC 8462852 est encore loin d’avoir livré tous ses secrets. Alors qu’une théorie tentait d’expliquer le comportement tout à fait atypique de cet astre situé à 1480 années-lumière de la Terre, dans la constellation du Cygne, des travaux menés par le professeur d’astronomie et d’astrophysique de la faculté d’État de Louisiane, Bradley E. Schaefer, remettent en cause cette piste.

KIC 8462852 est une étoile au comportement vraiment très inhabituel.

Souvenez-vous : l’automne dernier, la presse s’est longuement attardée sur le cas étonnant de l’étoile. En effet, des variations inhabituelles de luminosité ont été détectées, à des intervalles irréguliers. KIC 8462852 s’obscurcit jusqu’à un cinquième de sa luminosité sur des périodes variant de 5 à 80 jours. Or si un objet naturel devait se trouver en orbite, la variation devrait être plus régulière.

Une comète CC TheStarmon
Une comète
CC TheStarmon

« Lorsqu’une planète passe devant une étoile, elle s’assombrit seulement pour quelques heures ou quelques jours, et à un rythme régulier — tous les 365 jours par exemple », faisait remarquer par exemple Popular Science. Mais ce n’est pas ce qui se produit avec KIC 8462852. Des théories ont donc commencé à être échafaudées, dont celle du nuage de comètes gravitant autour de l’astre.

Sauf que cette proposition ne tient pas la route pour Bradley E. Schaefer. Il faudrait en effet un groupe de 648 000 comètes faisant chacune 200 kilomètres de large pour obscurcir à ce point la luminosité de KIC 8462852. Or c’est hautement improbable : un tel phénomène n’a en tout cas jamais été observé dans l’espace. À moins qu’il ne s’agisse du premier cas en cours de documentation ?

L’astronome n’est pas convaincu. « L’idée de la famille de comètes a été raisonnablement mise en avant comme la meilleure des propositions, tout en reconnaissant qu’elles étaient toutes assez faibles », juge-t-il, cité par New Scientist. « Mais maintenant, nous avons une réfutation de l’idée et, bien sûr, de toutes celles qui ont été publiées ».

De quoi relancer la piste de la sphère de Dyson, qui est une hypothétique super-structure artificielle conçue pour capter l’énergie d’une étoile ? C’est une suggestion qui avait été avancée l’automne dernier, mais sans que personne n’y croit vraiment. Et Bradley Schaefer n’est pas non plus partisan de cette hypothèse.

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