Dans la nuit de lundi à mardi, Microsoft a profité de l'E3 pour annoncer non pas une, mais deux consoles. Une stratégie étrange qui pourrait profiter à Sony, déjà bien devant.

Hier, c’était une soirée alignement des planètes dans la galaxie technophile : Microsoft et Apple donnaient leur conférence presque au même moment. Si le second s’adressait principalement aux développeurs et n’a parlé que de logiciel, Redmond n’a pas hésité à mettre le paquet sur le matériel. Et avec une Xbox One complètement à la ramasse par rapport à la PS4 en termes de vente, cela ne nous étonne pas vraiment.

Ce qui est plus étonnant en revanche, c’est que Microsoft n’a pas annoncé une nouvelle console, mais deux. La première, la Xbox One S, est le clone plus petit de la Xbox One auquel nous nous attendions. Microsoft l’a présentée comme une console capable de faire tourner du contenu 4K et HDR tout en étant 40 % plus petite que la console vendue actuellement. Disponible à partir du mois d’août autour de 300 euros, elle semble vouée à remplacer la Xbox One dans les rayons.

Jusque-là, tout va bien. Mais que dire alors de la nouvelle console mentionnée par Redmond, nom de code Scorpio, prévue pour l’année prochaine ? D’abord, faisons un petit point sur ce que l’on sait de cet engin. Microsoft parle de cette console comme un projet considérable, « la console la plus puissante jamais commercialisée  ». L’idée, derrière, est de pouvoir donner au gaming sur console la qualité de celui pratiqué sur PC, contenus 4K et réalité virtuelle en tête.

Reste qu’il s’agira toujours d’une déclinaison de la Xbox One et que les jeux Scorpio seront compatibles avec les deux autres consoles. Dans un entretien donné à The Verge, Phil Spencer, responsable de la Xbox chez Microsoft, a donné l’exemple d’un jeu comme Halo 5 : aujourd’hui, sur une Xbox One, le jeu tourne en 1080p à 60 images par seconde mais la résolution change de manière dynamique quand beaucoup d’éléments sont à l’écran pour conserver la fluidité. Sur une Scorpio, le jeu tournera tout le temps avec tous les réglages à fond, la puissance de la machine (8 CPU et un GPU capable de calculer 6 Tflop par seconde) permettant une expérience sans compromis.

Si l’annonce est alléchante, la stratégie de Microsoft est difficile à comprendre. Phil Spencer affirme que la société a voulu jouer toutes ses cartes pour que leurs clients choisissent leur console en connaissance de cause. Cela dit, comment imaginer qu’une telle annonce ne puisse pas faire de mal au potentiel commercial de la Xbox One S ? Certes, d’un point de vue utilisateur, c’est une bonne chose, mais on a du mal à voir avec ces arguments comment Microsoft compte vendre sa Xbox One S à des clients qui savent désormais qu’elle sera dépassée dans quelques mois. Le cycle de vie traditionnel d’une console avant mise à jour majeure est bien plus long. La PS3 est par exemple sortie en 2007 et la PS4 en 2014.

Si l’annonce est alléchante, la stratégie de Microsoft est difficile à comprendre

En face, Sony qui a déjà une longueur d’avance ne pourra que profiter de cette stratégie qui pousse les clients Microsoft à l’attente en vendant des PS4. D’ailleurs, le Japonais s’est bien gardé d’en dire plus sur sa PS4 Neo lors de l’E3 mais a déjà une arme matérielle bien préparée pour contrer la Scorpio quand elle sera sur le marché. À stratégie de mise à jour similaire, même avec du matériel supposé moins puissant, Sony semble encore partir gagnant, quoi que puisse faire Microsoft. Et le PSVR est déjà réel, quand Microsoft est encore en phase de réflexion.

À lire sur Numerama : Il y a 10 ans naissait la Xbox 360  : retour sur son histoire et son héritage

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