Attendu au tournant, Final Fantasy VII Remake nous a plus que séduit le temps d'un combat face à un boss.

Final Fantasy VII Remake est l’un des jeux qui engendrent le plus d’attentes à l’heure actuelle. Plus de vingt ans après la sortie de l’opus original, considéré comme l’un des meilleurs RPG (jeux ?) de tous les temps, cette réinvention d’un mythe joue gros. Et Square Enix, son éditeur, avec. Inespéré depuis son officialisation qui remonte à tant d’années, Final Fantasy VII Remake sera disponible le 3 mars 2020 sur PlayStation 4. On a pu y jouer à l’E3 et on reste encore assez ébahi devant la proposition de Square Enix.

Côté univers, personnages et histoire, la firme japonaise n’a pas grand-chose à faire pour remporter les suffrages, sinon s’assurer que tout est respecté à la lettre. Néanmoins, Final Fantasy VII Remake sera découpé en épisodes : cette première partie, qui tiendra sur deux Blu-ray, ne s’intéressera qu’à la portion située dans Midgar au début de l’aventure. Autant dire que Square Enix a copieusement gonflé le contenu, avec des séquences inédites qui permettront de renforcer l’univers. Cette générosité bienvenue a un prix : nul ne sait combien de jeux il faudra — et combien il faudra dépenser — pour (re)vivre Final Fantasy VII de A à Z. Sans compter les questions sur le passage à la future génération de consoles.

La réinterprétation idéale

En tout cas, d’un point de vue visuel, les fans retrouveront très vite leurs repères dans Final Fantasy VII Remake, malgré les changements apportés pour en faire une expérience moderne. On retrouve par exemple certains plans iconiques, remis à neuf par un moteur graphique à la page (effets de lumière à tomber) et appuyé par une direction artistique préservée (Midgar et son ambiance steampunk flippante). Naguère cubiques sur PlayStation, les héros ont enfin une allure à la hauteur de leur charisme et de leur passé ultra travaillé (car bien écrit).

Les principales interrogations sur Final Fantasy VII Remake portent sur la manière dont Square Enix a actualisé le gameplay. À l’époque, le RPG s’articulait autour de combats aléatoires au tour par tour, soit deux caractéristiques qui ne sont plus dans l’air du temps (surtout la composante aléatoire). Pour ne pas dénaturer totalement cet esprit auquel les fans sont attachés, les développeurs ont fait le choix de le réinterpréter en intégrant un feeling tour par tour au gameplay orienté action. Et force est de reconnaître que c’est une idée brillante.

Final Fantasy VII Remake // Source : Square Enix

Pour faire simple, le héros que l’on contrôle peut donner des coups basiques comme dans un beat them all classique. Mais, en parallèle, des jauges ATB se remplissent. Une fois la première pleine, on peut ouvrir un menu qui ralentit le temps et donne accès à des attaques beaucoup plus puissantes (exemple : la magie). Quand ce mode est activé, on a l’impression de retrouver ce feeling d’antan, telle la Madeleine de Proust indispensable pour faire de Final Fantasy VII Remake la réussite que tout le monde désire. À l’arrivée, il est nécessaire de maîtriser ces deux facettes qui s’imbriquent et se répondent. Diamétralement opposées, sinon incompatibles, en apparence, elles étonnent par cette complémentarité garante d’une profondeur appréciable.

Un excellent compromis

Quand le temps n’est pas figé, on a tout le loisir de frapper, parer, esquiver — ce qui offre une prise en main pêchue tout ce qu’il faut. En prime, on pourra faire appel à des raccourcis pour ne perdre en rythme une fois que les jauges ATB ont fait le plein. Quand Cloud, le héros, est accompagné, on peut passer d’un personnage à l’autre à l’envi et, mieux, contrôler les attaques spéciales depuis le menu qui met l’action en pause. Parfois, il est obligatoire d’en changer, par exemple quand il faut utiliser des attaques à distance à tout prix. Là encore, c’est un excellent compromis trouvé entre la nécessité de respecter l’ADN original et la volonté d’aller de l’avant en proposant du neuf. Ceux qui connaissent Final Fantasy VII sur le bout des doigts apprécieront la présence des Limites, compétences ultra puissantes qui peuvent être déclenchées après avoir reçu suffisamment de dégâts.

La démo sur laquelle nous avons pu poser les mains nous confrontait à un boss incontournable — le fameux robot géant ayant la forme d’un scorpion. Cette séquence fut une aubaine pour apprécier toutes les qualités du gameplay, par le biais d’un affrontement long, intense et impressionnant (le décor se détruit au fil du combat). Dans Final Fantasy VII, l’attaquer quand sa queue était en l’air signifiait prendre un immense risque. Cette fois, il faut se cacher derrière des débris pour se protéger de son attaque dévastatrice. Même dans les détails, Square Enix s’est fait quelques plaisirs. Face à tous ces arguments, on a envie de retourner à Midgar pour percer ses (nouveaux) secrets.

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