Les inénarrables tweets de Donald Trump sont désormais envoyés depuis un iPhone. En effet, le président américain a quitté son vieux smartphone Android pour un modèle vendu par Apple. De quoi soulager un peu les services de sécurité.

Donald Trump a fini par céder. Après avoir longtemps utilisé un smartphone Android malgré les risques évidents de sécurité, le président américain s’est laissé convaincre d’opter pour un modèle moins exposé. Le changement a dû être radical, car le chef de l’État a délaissé le Samsung Galaxy S3, sorti en 2012, pour passer à « l’ennemi », avec l’adoption d’un iPhone.

C’est Dan Scavino Jr, le directeur des réseaux sociaux à la Maison-Blanche, qui s’est chargé d’annoncer la nouvelle. Le modèle d’iPhone qu’utilise Donald Trump n’est pas renseigné ; on suppose, sans certitude aucune, que le président américain s’est vu confier le modèle le plus récent, à savoir l’iPhone 7, de façon à ce qu’il puisse profiter du terminal le plus avancé du catalogue Apple et du cycle de mise à jour le plus long possible.

L’abandon d’un mobile Android au profit d’un iPhone pour des motifs de sécurité fera sans doute jaser, d’aucuns estimant que les produits de la firme de Cupertino ne sont pas forcément plus sûrs que ceux de l’écosystème Android. Mais le vrai enjeu n’est pas celui-là : c’est plutôt le fait que le Galaxy S3 a fini par ne plus recevoir les mises à jour Android, Samsung ayant décidé de passer à autre chose.

La dernière mise à jour officielle pour ce terminal est Android 4.4 KitKat, sorti le 31 octobre 2013. Certes, les bidouilleurs sont parvenus à forcer l’installation de versions plus récentes du système d’exploitation, mais il faut croire que cette méthode n’a pas été retenue — ou sue ? — par l’entourage de Donald Trump. Toujours est-il que depuis, trois autres branches majeures d’Android sont apparues.

Un Samsung Galaxy S3.

Le fait que Donald Trump passe sur un iPhone ne manque évidemment pas de sel dans la mesure où le président américain, alors en campagne électorale, avait appelé au boycott d’Apple après la fusillade de San Bernardino, survenue le 2 décembre 2015 en Californie. À l’époque, un affrontement judiciaire entre Apple et le FBI était apparu sur le chiffrement du smartphone, qui posait problème aux forces de l’ordre.

La police fédérale avait attaqué Apple en justice pour le forcer à débloquer le contenu de l’iPhone du principal suspect, ce qu’Apple n’avait finalement pas eu à faire. Le conflit s’était terminé sans qu’une jurisprudence ne détermine l’obligation (ou non) qu’aurait un fabricant de téléphones de pirater les appareils de ses propres clients, quand les autorités ont besoin d’y avoir accès.

Un smartphone sans doute durci

Quoiqu’il en soit, on peut supposer que l’iPhone qu’utilise Donald Trump pour ses activités courantes a été spécialement modifié par les services du président de manière à le rendre moins vulnérable aux attaques. C’est ce cas de figure qui s’était imposé lorsque Barack Obama, alors au pouvoir, ne voulait pas se séparer de son téléphone BlackBerry, qu’il a fallu durcir.

Ce sont l’agence des communications de la Maison Blanche (WHCA) et la NSA qui se sont chargés de renforcer la sécurité du BlackBerry en travaillant en bonne intelligence avec les ingénieurs du fabricant canadien, de manière à renforcer significativement son degré de sûreté, en particulier au niveau de l’application SecurVoice. Ironie de l’histoire, à l’époque d’Obama, l’iPhone n’était pas conseillé par les services de sécurité.

CC Pete Souza

Il existe évidemment des téléphones autrement plus sécurisés que les BlackBerry, iPhone et autres terminaux sous Android mais ils ne sont pas faciles à employer et peuvent être plutôt encombrants. Ces téléphones sont pourtant en mesure d’apporter des niveaux de protection très élevés, avec du chiffrement à de nombreux niveaux, de façon à autoriser des communications secrètes voire top secrètes.

Les pratiques de Donald Trump en matière de sécurité informatique ont suscité une vague d’inquiétude chez les spécialistes ainsi que les agences de renseignement, lorsqu’il a été constaté que Donald Trump, pourtant élu, était toujours accroché à son vieux smartphone Android. Les révélations successives en matière d’espionnage électronique ont pourtant démontré les limites de ces terminaux.

Surtout quand il s’agit de protéger le président des États-Unis.

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