Le Parti Communiste a lancé un appel à manifester devant l'Apple Store d'Opéra, le 22 octobre prochain. Dans le viseur : l'optimisation fiscale à outrance de la firme de Cupertino, qui ne paye quasiment pas d'impôts en France et dans l'Union européenne.

Ils n’ont pas demandé à apporter ses boules de pétanque. Jeudi, la section parisienne du Parti Communiste a lancé un appel à manifester devant l’Apple Store d’Opéra, le 22 octobre prochain. La manifestation vise à alerter sur la politique d’optimisation fiscale d’Apple, qui selon le communiqué «  ne paie que 0,005 % d’impôts en France » — il nous semble cependant que le PCF confond avec son imposition moyenne sur toute l’Europe, calculée par la Commission européenne pour l’année 2014.

Déjà critiquée par le passé, la politique fiscale d’Apple est devenu un sujet beaucoup plus politique depuis que la Commission européenne a décidé de lui infliger un redressement de 13 milliards d’euros, par le biais d’une condamnation de l’Irlande qui devra aller récupérer ces sommes auprès de la firme de Cupertino. Le gouvernement irlandais et Apple sont accusés d’avoir mis en place ensemble un système d’aide illégale d’État en faveur du géant américain, par le biais de réductions d’impôts quasi intégrales, qui ont convaincu Apple d’installer son siège européen à Cork.

Dans une lettre ouverte à ses clients, Apple avait réagi en expliquant que «  l’effet le plus profond et le plus néfaste de cette décision se fera ressentir sur l’investissement et la création d’emplois en Europe ». Mais visiblement le Parti Communiste ne partage pas cette opinion des bienfaits supposés de l’optimisation fiscale pour les ouvriers et salariés. On imagine qu’il y voit plutôt une manifestation de la mise en concurrence des peuples européens, dont les travailleurs doivent accepter de payer les impôts à la place de leurs employeurs, s’ils veulent continuer à avoir du travail.

L’Irlande continue de son côté à partager l’opinion d’Apple puisqu’elle a décidé de refuser d’exiger les 13 milliards d’euros qui devaient rentrer dans ses caisses. Malgré des oppositions internes, le gouvernement a choisi de faire appel de la décision de la Commission européenne, estimant qu’il était dans l’intérêt du peuple irlandais tout entier de continuer à troquer des baisses d’impôts contre de l’emploi.

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