Alertée par la diffusion de ses e-mails piratés, l'équipe de campagne de Hillary Clinton utilise désormais la messagerie chiffrée Signal pour parler de sujets sensibles, notamment sur Donald Trump. En France aussi, les politiques utilisent de plus en plus le chiffrement de leurs communications.

Il sera sans doute difficile de plaider pour un affaiblissement du chiffrement, lorsque l’on comprend soi-même son importance pour sa propre sécurité. Aux États-Unis, Vanity Fair rapporte que l’équipe de campagne de Hillary Clinton s’est imposée depuis le mois de mai d’utiliser exclusivement Signal pour communiquer sur des sujets sensibles, par crainte que d’autres modes de communication puissent être espionnés.

De toutes les messageries sécurisées, Signal a l’avantage d’être à la fois très simple d’utilisation, et réputée très robuste. Une fois installée sur un mobile Android ou iOS, Signal chiffre les SMS envoyés vers les autres utilisateurs de Signal, qu’eux seuls peuvent déchiffrer. L’application open-source utilise une méthode de chiffrement de bout en bout qui fait que seuls les expéditeurs et destinataires des messages disposent des clés qui permettent de consulter le contenu des messages. L’ensemble de ses mécanismes de sécurisation a la réputation d’être quasiment infaillible.

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Selon Vanity Fair, l’ordre a été donné dès le 17 mai par Marc Elias, le conseil juridique de la campagne de Hillary Clinton. Il a intimé d’utiliser la messagerie chiffrée pour parler de tout sujet sensible, et a déconseillé d’utiliser certains mots clés dans les e-mails, dont le mot « Trump ».

Un mois plus tard, il était su que la Convention nationale démocrate (DNC) avait été piratée, et deux mois plus tard, sa présidente Debbie Wasserman Schultz était contrainte à la démission, après que Wikileaks a publié des e-mails piratés qui ont démontré un partie-pris en défaveur de Bernie Sanders, alors rival de Clinton à la candidature.

Mais c’est dès le mois d’avril que le DNC aurait été informé du fait que ses serveurs d’e-mails avaient été piratés, prétendument par des pirates russes — ce qui n’a en réalité jamais été démontré. C’est là que l’équipe a pris conscience de l’importance d’utiliser une messagerie sécurisée comme Signal, qui ne laisserait aucune trace même en cas de piratage.

En France, c’est plutôt Telegram

En France aussi, les responsables politiques ont de plus en plus recours à des messageries chiffrées — un certain « Paul Bismuth » doit probablement regretter de ne pas l’avoir fait plus tôt. Mais c’est plutôt Telegram qui serait utilisé.

Ainsi cet été, le Canard Enchaîné rapportait qu’Emmanuel Macron, Jean-Jacques Urvoas (très bon connaisseur des risques d’écoute pour avoir été membre de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité), Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, François Fillon, Eric Ciotti, François Bayrou ou encore Jean-Luc Mélenchon feraient partie des utilisateurs réguliers.

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