Une enquête menée pour le compte de la GMF montre que les Français ont déjà eu quelques ennuis en utilisant leur smartphone dans la rue alors qu'ils marchaient. Elle montre aussi que les jeunes perçoivent moins le risque d'utiliser un portable dans la rue que des personnes plus âgées.

Avez-vous déjà heurté un banc ou un poteau alors que vous étiez en train de rédiger un SMS sur votre smartphone ? Si vous répondez à cette question par l’affirmative, sachez que vous êtes loin d’être le seul dans ce cas de figure : une part significative des piétons qui utilisent leur téléphone mobile tout en marchant sont déjà entrés en collision avec du mobilier urbain au moins une fois dans leur vie.

C’est ce que révèle une enquête Opinionway réalisée pour le compte de la GMF, et relayée par FrAndroid, une société française spécialisée dans l’assurance. Sur les 1088 personnes interrogées pour l’occasion, il ressort que trois sondés sur quatre ont déjà utilisé leur portable alors qu’ils étaient à pied et qu’une partie d’entre eux a déjà eu quelques ennuis parce qu’ils étaient trop occupés à regarder l’écran de leur terminal.

Bancs, piétons, abribus, poteaux…

À la question de savoir s’ils se sont déjà cognés à un poteau, 16 % ont répondu par l’affirmative. Le mobilier urbain a causé des ennuis à 17 % des mobinautes. Mais c’est surtout avec les piétons que le souci est le plus important : 23 % de ceux qui utilisent leur portable en marchant ont bousculé une autre personne. L’histoire ne dit pas si elle était aussi rivée sur son mobile…

Situations risquées avec le portable utilisé dans la rue
En utilisant votre Ssmartphone en ville en marchant, vous est-il déjà arrivé chacune des situations suivantes ?

L’enquête met également en lumière les accidents évités de justesse, ainsi que les chocs avérés. 16 % des sondés déclarent avoir frôlé un cycliste, une personne en roller, en skate en trottinette. Beaucoup plus grave, 14 % disent avoir manqué de peu une collision avec un véhicule. Tous n’ont hélas pas eu de chance : le sondage révèle que 8 % des sondés ont déjà été heurtés par une voiture.

La jeunesse perçoit moins le problème

Les sondés admettent dans leur grande majorité qu’utiliser son smartphone en ville en marchant présente un risque important. C’est l’opinion de près de huit individus sur dix, tandis que les deux autres n’ont pas le sentiment que c’est très risqué. Une toute petite portion de l’échantillon, 2 %, va jusqu’à affirmer que ce n’est pas grave du tout. Mais ce qui est embêtant, c’est l’affaiblissement du sentiment de danger chez les jeunes.

Estimation du risque de l'usage portable en machant
Estimez-vous qu’utiliser son smartphone en ville en marchant présente un risque important ou pas important ?

En regardant les segments d’âge, on note que la perception du risque est plus élevée pour les plus de 50 ans : ils sont à plus de 82 % à juger le danger élevé. Entre 25 et 49 ans, ils ne sont plus « que » 75 % à considérer le risque avec gravité. Pour le segment des 18 – 24 ans, le constat est encore moins glorieux : ils sont à peine 65 % à reconnaître que l’usage du mobile en tant que piéton n’est pas anodin.

Un problème ancien

Le rôle du smartphone dans certains incidents sur la voie publique est questionné depuis plusieurs années déjà. En 2010, le conseil des piétons d’Australie avait attribué une hausse notable de la mortalité des piétons à l’usage de certains gadgets électroniques (dont les mobiles). Aux USA, une étude publiée en 2012 indiquait  que le nombre d’accidents graves a triplé en l’espace de six ans chez les piétons écoutant de la musique.

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On ne fait plus attention à l’environnement immédiat.

Face à ce problème, diverses pistes sont explorées pour trouver une solution durable mais aucune n’a visiblement remporté l’adhésion générale. Cela va de la prévention au niveau scolaire à la création d’une zone réservée sur les trottoirs, en passant par l’interdiction de l’usage du mobile dans la rue (l’idée a été suggérée en France), ce qui paraît impossible à mettre en œuvre, tant la pratique est répandue.

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