Écouter de la musique, écrire un SMS.. ces pratiques sont désormais bien ancrées dans le quotidien. Mais lorsqu'elles se produisent sur la voie publique, elles peuvent s'avérer risquées. En France, aucune loi n'est prévue pour interdire ces activités dans la rue. L'éducation nationale mise en revanche sur la prévention, afin de faire prendre conscience aux jeunes des risques d'accidents de piétons causés par des "distracteurs".


Avec les smartphones et les baladeurs multimédias, il est devenu très facile d'écouter de la musique n'importe quand et n'importe où. Tout le monde peut désormais déambuler dans les rues tout en écoutant ses morceaux préférés. Mais sur la voie publique, une telle attitude est risquée : elle est susceptible de distraire le piéton, qui, plongé dans sa musique, sera moins vigilant à son environnement immédiat.

Cette problématique est relativement nouvelle en matière de prévention routière, d'autant que les données sur ce sujet manquent. Il existe cependant quelques études menées aux États-Unis montrant que le nombre d'accidents impliquant des piétons écoutant de la musique ou écrivant un SMS a considérablement augmenté, du fait d'un temps de réaction plus long et d'un manque d'attention.

En conséquence, des élus américains proposent d'interdire la rédaction de SMS lorsqu'un piéton se déplace à proximité de la voie publique. Idem pour l'écoute d'un baladeur près d'une route. Le principe repose sur une répression graduée, allant du rappel à la loi (deux fois) jusqu'à l'amende de 250 dollars à la troisième infraction. Plusieurs agglomérations aux USA songent à prendre de telles dispositions.

En France, aucune initiative similaire n'a pour l'instant vu le jour. Cependant, un député UMP s'est intéressé au sujet et a posé une question écrite fin décembre au ministère de l'éducation nationale. Dans celle-ci, il a demandé si des mesures pour sensibiliser les jeunes à ce risque sont prévues ou existent, "afin de leur recommander préventivement de bonnes habitudes de sécurité".

Dans leur réponse, les services de Vincent Peillon confirment qu'aucun projet de loi similaire à la législation américaine n'est à l'ordre du jour. Malgré tout, dans la mesure où "les baladeurs numériques et les téléphones portables sont considérés en sécurité routière comme des « distracteurs »", ce sujet a effectivement "été intégrée dans la préparation aux attestations de sécurité routière (ASSR)".

Rappelant que son obtention fait "partie du socle commun de connaissances et de compétences", le ministère explique que l'ASSR "comprend dix questions sur l'usage des baladeurs et neuf questions sur les téléphones portables. Chacune de ces questions peut être étudiée par les élèves en classe ou à la maison à l'aide de la plateforme nationale de préparation aux ASSR".

Du côté des enseignants, le ministère explique que les corrections des épreuves incluent "un commentaire détaillé qui explique les risques". Des outils et des ressources spécifiques sont en outre disponibles sur le site pédagogique Eduscol, avec une explication sur "les risques liés aux baladeurs dans le cadre de la présentation de l'usager 'piéton'".

De façon plus indirecte, ce sujet est abordé dans le cadre d'un guide scolaire "prenant en compte le risque routier" et via le concours de partenaires associatifs, le soutien de correspondants académiques et départementaux ou l'action des élèves eux-mêmes, le ministère citant la réalisation d'un film présentant un accident lié à l'usage d'un téléphone.

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