Exclusif : Le Français que l'on prenait pour Michael Jackson
Cédric L. -
publié le Mardi 30 Octobre 2007 à 12h59 -
posté dans Peer-to-Peer
Invincible, c'est le dernier album de Michael Jackson. Sorti en 2001, le Roi de la Pop n'a depuis rien pondu de neuf, ce qui ne cesse d'alimenter le buzz autour de son prochain bébé. Les sites tentent d'arracher l'exclusivité en présentant en avant première des nouveaux titres de la star. Mais lorsque que ces "avant premières" ne sont que des plagiats d'autres chanteurs, on assiste à une confusion mondiale sur la paternité de l'oeuvre et l'impuissance des sociétés de protection des oeuvres. Le "fake" ; un terme qui parlera à certains d'entre vous et à d'autres non. Il cache en fait un phénomène qui aura sans doute causé la frustration et le désarroi de nombreux internautes. Particulièrement développé en musique, le fake est un faux album attribué à un artiste, goupillé par quelques obscurs laborantins dans l'optique d'en proposer une version avant l'heure. Le fait est que l'on peut parfois trouver sur Internet des albums avant même leur sortie, généralement diffusés (de leur propre grès ou à leur insu) par la presse ou la radio. En effet, il est d'usage que les maisons de disque, afin d'obtenir une chronique dans les temps ou un playlistage radio qui corresponde avec la date de sortie, envoient des copies avant l'heure à ces organes qui constituent sa promotion. Il arrive alors qu'une "fuite" laisse échapper une de ces copies promotionnelles sur les réseaux peer-to-peer et qu'une large communauté profite de la sortie avant tout le monde. Si certains labels ont essayé de trouver une parade - par exemple en coupant la chanson du nom du chroniqueur destinataire (un "watermark") - il n'empêche que ce nouveau paradigme était le terrain propice pour le développement des fakes. Souvent, ils consistent à bidouiller un album avec des morceaux peu connus de l'artiste que les téléchargeurs prennent alors comme son nouvel album, ce qui, après tout, ne lui cause finalement pas tant de tort que ça. Certains fakes rencontrent même un tel succès, qu'ils deviennent presque des versions non officielles de l'artiste aussi répandues sur le peer-to-peer que ses albums commercialisés.
Un fake au buzz considérable En revanche, cela devient plus problématique quand un artiste se voit "volé" une de ses compositions en vue de la faire passer pour le nouveau morceau d'un autre. C'est ce qui est arrivé à Nicolas Piedra, alias Ayhnik, pour son morceau Get Out Of My Mind que voici :
Piedra a en effet vite eu vent par ses fans de la diffusion de son titre en tant que fake de Michael Jackson. Il essaie d'obtenir des démentis de la part des sites en question sans avoir véritablement d'écho, alors même que certains d'entre eux sembleraient plus ou moins proches de la maison de production de l'artiste. L'impuissance de la SNAC
Bref, pendant que le titre circule et fait jaser la communauté de fans, Piedra assiste, impuissant, à la confusion totale qui règne autour. "De mon côté je n'avais plus rien a faire, si ce n'est de lire les commentaires des fans dont certains pensaient que c'était de Michael, et d'autres non". Mais Ayhnik n'est pas le seul artiste à s'être fait plagié un titre. A côté des "outtakes" de Jackson dont cet album fake était principalement composé, on retrouve un autre artiste où la paternité de l'oeuvre faisait défaut : Jason Malachi. Seulement, la boîte de prod de Jackson a publié un démenti pour signaler la contrefaçon, mais pas pour celui de Piedra. "De la part de MJJ production ca serait la moindre des choses, ils ne peuvent plus ignorer que mon titre fait l'objet de spéculations, je ne réclame rien d'autre qu'un démenti de leur part. Je n'envisage pas de procès. Je dois me déplacer a Los Angeles d'ici peu de temps et j'irai me présenter sur place pour leur demander qu'il le fasse." Mais à quoi servent les sociétés de protection des oeuvres ? Cette histoire a quand même de quoi nous interroger sur l'utilité réelle des sociétés de protection des oeuvres. D'aucuns diront qu'il s'agit de structures héritées de vieux modèles complètement désuets, ce à quoi les autres ont souvent répondu qu'en cas de litige, elles avaient le mérite d'envoyer des bataillons d'avocats dont on ne pouvait souffrir les frais. Mais lorsqu'un artiste se voit contraint de se déplacer de l'autre côté de l'Atlantique pour aller taper du poing, on peut sérieusement mettre en doute ce dernier argument et se demander à quoi sert l'argent concédé à ces structures si elles ne remplissent qu'à moitié le rôle qu'on leur attribue. En dehors du fait de ne promettre aucune surveillance (la Sacem, par exemple, réagit une fois que vous avez constaté un plagiat), elles semblent manquer totalement de réactivité lorsque l'infraction sort du domaine du disque - alors qu'Internet constitue aujourd'hui un danger bien plus important. De là, rien d'étonnant à ce que des voix s'élèvent pour dénoncer l'hégémonie de ces structures privées au statut quasi étatique, et dont la lourdeur n'aurait d'égal que l'inefficacité d'action. Loin de toutes ces questions, Nicolas Piedra conclut quant à lui avec modestie : "Qu'y a-t-il à gagner pour un musicien qui veut faire carrière et qui veut faire connaître son travail plutôt que d'imiter celui d'un autre ? En plus, quand l'autre est certainement la plus grande star de la planète, on a aucune chance d'exister à côté de lui en faisant la même chose."
Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Exclusif : Le Français que l'on prenait pour Michael Jackson»
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Viva musica
le 30/10/2007 à 14:03
L'absence de compatibilité entre les syndicat d'auteur des différent pays est un vrai fléu. La preuve de paternité d'une oeuvre est déjà une hose difficle, elle l'est encore plus en numérique. Au delà de la lutte contre le plagiat, c'est tout les différents système de protection des droits d'auteurs, applicable à tous les auteurs sur un territoire qui souffre d'incompatibilité. Sans recours au US, cet artiste plagié pourrait avoir gain de cause quand le titre débarquera en France d façon officiel.
L'album d'Ayhnik disponible sur Itunes, fnac.fr, Deezer, Virgmega.fr...!
http://itunes.apple....nik/id421386568 |
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