Un juge vient d'obliger Free a fermer temporairement 14 des newsgroups qu'il héberge. Le début d'une nouvelle guerre qui s'annonce ?

Les newsgroups deviennent de plus en plus populaires auprès des internautes. Ceux-ci peuvent en effet constituer une alternative au peer-to-peer dans la mesure où ils leur offrent la possibilité d’y déposer des fichiers de manière illégale sans qu’ils en soient inquiétés pour autant. Bien sûr, ces forums ne disposent pas de la variété de choix offerte par les réseaux de P2P mais ils possèdent l’énorme avantage d’offrir une vitesse de téléchargement considérable, surtout depuis le débridage de Free, seul fournisseur d’accès français à proposer le service gratuitement à ses abonnés à côté des services payants comme Newshosting, Giganews ou Firstload.

Jusque là, seuls nos voisins ont connu quelques soucis par rapport aux newsgroups, comme le portail allemand de Usenet ou le fournisseur Belgacom, et la MPAA les garde toujours dans le collimateur. Mais l’ordonnance émise par un juge de tribunal de grande instance à l’encontre de Free, que rapporte aujourd’hui PCInpact, vient de déterrer la hache de guerre après une période idyllique de clémence.

Le fournisseur d’accès a ainsi été contrait, suite à une requête « par voie d’urgence sans débat contradictoire » pour reprendre le jargon juridique, à fermer 14 newsgroups binaires pour une période de 30 jours. Il faut donc y voir une procédure de précaution en attendant pour le tribunal de rendre son jugement et de décider si le préjudice causé au plaignant est manifeste ou non. Parmi les forums, on peut noter cartoons.french, documentaries.french, movies.divx.french, series.tv.divx.french, series.tv.french, dvd.french, hdtv.french, spectacles.divx.french, et quelques autres au nom tout aussi suspect.

Toujours selon PCInpact, c’est l’Alpa (Association de Lutte contre la Piraterie Audiovisuelle) qui serait à l’origine de la demande de suspension. Et cela n’aurait rien d’étonnant, si l’on se rapporte aux propos que tenait Frederic Delacroix à 01Net l’année dernière, et qui s’étonnait de voir Free entretenir un service « faisant de la concurrence à sa propre plateforme de VOD ».

Le régime d’exception évite les hébergeurs d’être attaqués pour les agissements de ses utilisateurs, et notamment ici, pour la violation de propriété intellectuelle. Mais ils peuvent en revanche être tenus de bloquer un contenu incriminé, à l’image de YouTube pour ses vidéos. Si la fermeture temporaire de quelques forums ne risque pas de faire beaucoup d’ombre au succès des newsgroups (une petite migration éventuellement), elle annonce en revanche le premier coup porté dans une bataille qui risque bien d’être aussi infructueuse que celle menée contre le peer-to-peer.

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