Apple, Google et Napster vont-ils être obligés de payer pour avoir le droit de faire payer les internautes ? Une société précurseur de la VOD attaque les trois firmes en contrefaçon pour violation de brevet...

Jonathan T. Taplin n’a visiblement pas digéré de s’être fait voler la vedette après avoir été l’un des tous premiers à créer, en 1996, une société dédiée à la distribution de films en ligne. Il avait convaincu des investisseurs importants comme Intel, Microsoft, Sony, NBC et Comcast. Comme beaucoup de startups de l’époque, sa société Intertainer partait d’une bonne idée, mais n’avait cependant ni les clients pour s’y intéresser ni le climat technologique suffisant pour la faire prospérer. A une époque où l’internet se visitait encore en modem 28K sur des pages Multimania, la VOD était un fantasme de producteur de cinéma avant-gardiste.

Fondé par M. Taplin et deux autres cadres d’Hollywood, Intertainer n’a pas résisté à la concurrence de Movielink et a fermé ses portes en 2002. Il ne reste plus de la société qu’un bureau occupé par une secrétaire, et par M. Taplin (sur une autre chaise, probablement). Mais elle vient de se réveiller. La société a porté plainte contre Apple, Google et Napster, sur la base d’un brevet qu’elle a obtenu en 2005 et qu’elle avait déposé en 2001. Celui-ci protégerait « la gestion et la distribution de médias numériques de différents fournisseurs« . « Intertainer était le leader de l’idée des plate-formes de loisirs à la demande sur Internet avant même que Google ne soit imaginé », rappelle au New York Times M. Taplin. Aucune des trois sociétés mises en cause n’a souhaité commenter l’affaire.

En 2004, une société nommée E-Data avait fait valoir de brevets déposés en 1985 aux USA concernant des téléchargements payants sur des supports autres que les disques durs. Microsoft et OD2 d’abord, puis Apple ensuite, avaient accepté de payer une licence à la société pour ces brevets proches de l’expiration.

Mais dans le cas de Intertainer, le dépôt en 2001 semble bien tardif. Il ne sera sans doute pas compliqué de démontrer la nullité du brevet en découvrant un état de l’art antérieur, mais tout sera question de négociation et d’opportunité. Si le coût du procès coûte plus que celui d’une licence, le calcul sera rapidement fait…

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