Bouygues Télécom a décidé d'assigner SFR-Numericable devant le tribunal de commerce de Paris au motif que le câblo-opérateur ne remplit pas correctement sa part du contrat dans le cadre d'un accord que les deux groupes ont passé en 2009.

Rien ne va plus entre Bouygues Télécom et SFR-Numericable. La filiale de l'entreprise de travaux publics a décidé d'attaquer en justice sa rivale devant le tribunal de commerce de Paris. La raison ? Le fournisseur d'accès à Internet estime que le câblo-opérateur ne remplit pas convenablement sa part du contrat, selon une information obtenue par l'Express.

Rappel des faits. En 2009, Bouygues et Numericable s'accordent pour permettre au premier d'exploiter les infrastructures techniques du second afin de commercialiser des offres en très haut débit. Ce partenariat a permis à Bouygues d'attirer à lui de nouveaux clients. Selon des statistiques datant de 2014, près de 400 000 foyers étaient concernés par ce type de formule.

Mais aux yeux de Bouygues Télécom, Numericable ne semble plus investir la même énergie pour honorer ses obligations. Or, le FAI a fait de l'Internet fixe son nouveau cheval de bataille en lançant une nouvelle bataille tarifaire (qui a donné naissance à la Bbox à 20 euros par mois) et en s'efforçant de soigner la qualité de son service pour se démarquer de ses concurrents.

Notant que l'autorité de la concurrence a approuvé les nouvelle offres de référence de Numericable relatives à l'accès de son réseau câblé, Bouygues est donc passé à l'attaque. Mais la plainte, qui vise à réclamer 53 millions d'euros, est surtout un prétexte "pour obtenir des prix plus faibles" en faisant pression, selon une source proche du dossier interrogée par l'hebdomadaire.

Cette assignation en justice intervient en tout cas dans un contexte particulier, puisque Numericable a proposé plus de 10 milliards d'euros à Bouygues pour croquer sa filiale dans les télécoms, alors qu'il doit déjà finaliser l'absorption de SFR, Virgin Mobile et Portugal Télécom. Mais Bouygues a écarté cette offre, en soulignant ses principales faiblesses.

( photo : CC BY-SA Tiraden )

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