Suite aux révélations de WikiLeaks sur l'espionnage des plus hautes autorités de l'État par la NSA, les États-Unis ont commencé à réagir pour circonscrire la polémique. Sans rien dire sur les écoutes survenues par le passé, Washington assure que plus aucun espionnage ne vise François Hollande. Mais le diable se cache dans les détails.

Les relations entre la France et les États-Unis vont-elles se rafraichir dans les prochains jours, suite aux révélations de WikiLeaks sur l'espionnage des plus hautes autorités de l'État par la NSA ? Tandis que les commentaires de la classe politique se multiplient pour dénoncer vertement l'attitude de "l'allié américain", l'exécutif doit tenir ce mercredi matin un conseil de défense sur la situation.

De son côté, Washington, bien conscient que la diffusion publique de nouveaux documents confidentiels décrivant les pratiques de ses services de renseignement risque de détériorer ses liens avec l'Hexagone, a commencé à réagir officiellement par la voix de Ned Price, le porte-parole du conseil de sécurité nationale, dans l'espoir de calmer le jeu avant que la polémique n'enfle de trop.

"Nous ne ciblons pas et nous ne ciblerons pas les communications du président Hollande. […] Nous travaillons étroitement avec la France sur tous les sujets de dimension internationale et les Français sont des partenaires indispensables".

La réaction est millimétrée. Les USA n'espionneraient donc plus la présidence de la République (les documents révélés par WikiLeaks sont antérieurs au printemps 2012) et n'auraient pas l'intention de le faire à l'avenir. Bien sûr, elle ne dit rien sur les écoutes survenues par le passé, préférant flatter l'importance de la France dans les dossiers internationaux.

Officiellement, les États-Unis n'espionnent plus les leaders étrangers. Début 2014, Barack Obama, en dévoilant sa réforme de la NSA, indiquait que les dirigeants du monde ne seraient plus ciblés. Il s'agissait alors de réchauffer les relations avec l'Allemagne et le Brésil, suite aux révélations sur les écoutes visant la chancelière allemande Angela Merkel et la présidente brésilienne Dilma Rousseff.

Mais comme toujours, le diable se cache dans les détails.

Les USA n'écoutent plus en effet les chefs d'État et de gouvernement… sauf cas exceptionnels, dits de "raison impérieuse". Qu'est-ce qu'une raison impérieuse ? Washington ne le précise évidemment pas, afin de se garder une large marge d'interprétation. Et la politique étrangère de pays qui comptent sur la scène internationale, comme la France, entre peut-être dans cette catégorie.

Outre les trois derniers présidents de la République, les révélations de WikiLeaks montrent que l'espionnage a aussi ciblé des ministres, des parlementaires, des diplomates, des conseillers et des hauts fonctionnaires, ainsi que des standards de ministères et le très sensible centre de transmissions gouvernemental, qui doit assurer la permanence des communications de l'État.

( photo : Maison Blanche )

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