Pourquoi cloner lorsque l'on peut téléporter ? Cherchant une solution pour gérer les droits de propriété intellectuelle avec les imprimantes 3D, des chercheurs allemands ont mis au point un procédé qui permet de reproduire un objet à distance pendant que l'objet original est détruit.

Depuis que les imprimantes 3D ont vu leur prix chuter et leurs ventes exploser, certains industriels (et même l'OMPI) s'inquiètent des conséquences possibles sur la protection des droits de propriété intellectuelle des objets qu'ils fabriquent et vendent à des milliers d'exemplaires. Comment continuer à les vendre si les progrès technologiques continuent et permettent dans quelques années de fabriquer chez soi ou dans un atelier de proximité les mêmes objets, à la demande, personnalisables et à moindre coût ?

Jusqu'à présent, les chercheurs ont surtout réfléchi à des solutions de DRM voire à une régulation juridique des drivers d'imprimantes, sous prétexte d'interdire et de rendre impossible l'impression de pièces d'armes à feu. Mais des chercheurs allemands de l'institut Hasso Plattner ont réfléchi à une solution bien plus originale, qui ressemble davantage à une régression qu'un progrès pour la société.

Alors que beaucoup s'intéressent aux moyens de simplifier le clonage des objets, Stefanie Mueller, Martin Fritzsche, Jan Kossmann, Maximilian Schneider,  Jonathan Striebel, et Patrick Baudisch ont réfléchi à une solution qui permettrait de les téléporter. Ils ont modifié des imprimantes 3D avec scanner, pour ajouter une fonctionnalité qui permet de déclencher une copie à distance d'un objet (une imprimante chargée de scanner l'objet, l'autre chargée de l'imprimer), mais en supprimant physiquement la première copie pendant que la reproduction est réalisée.

Le procédé détaillé dans cette étude consiste à scanner l'objet couche par couche, et à utiliser une fraiseuse pour supprimer chaque couche ainsi scannée. Lorsque la numérisation est terminée, l'objet a disparu et peut être reproduit sur l'autre imprimante, qui a reçu les informations sous forme chiffrée. 

L'idée peut paraître idiote (et elle l'est), mais les chercheurs semblent croire réellement qu'un marché existerait pour de telles technologies, appuyées par les industriels, qui permettent de vendre un objet à distance en le "téléportant" pour s'assurer qu'il reste en exemplaire unique.

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