En Grande-Bretagne, un groupe d'anonymes a lancé une campagne d'appel au boycott d'Amazon pour les fêtes de Noël, avec semble-t-il un certain succès. Leur but : dénoncer les conditions de travail et la politique fiscale du géant du commerce électronique.

Quel est le prix social d'Amazon et de sa qualité de service que peu de concurrents arrivent à imiter dans le commerce électronique ? Alors que les fêtes de Noël approchent et constitueront de loin la plus forte période de ventes pour l'ensemble des marchands en ligne, un groupe d'anonymes d'origine britannique, Amazon Anonymous, a décidé de lancer un appel au boycott pour dénoncer les pratiques du géant américain.

Le groupe, qui avait déjà réuni plus de 65 000 signatures lors d'une pétition l'an dernier, veut protester contre le niveau des salaires proposés et les conditions de travail imposées aux employés des centres logistiques, mais aussi contester la politique fiscale du groupe. Comme à peu près l'ensemble des multinationales d'origine américaine, Amazon utilise des montages juridiques complexes pour faire échapper à l'impôt l'essentiel de ses bénéfices, ce qui lui vaut mauvaise réputation, y compris en Grande-Bretagne où les parlementaires sont montés au créneau dans une séquence devenue culte :

Cependant cette mauvaise réputation reste largement sans conséquences sur le comportement des consommateurs, guidés avant tout par leur pouvoir d'achat aidé par les bas prix d'Amazon, et par la simplicité d'achats sur le service américain.

Mais c'est justement ce comportement qu'Amazon Anonymous espère modifier. Le groupe, dont l'appel a été relayé par The Guardian, propose aux Britanniques de s'engager à ne pas passer la moindre commande chez Amazon entre le 1er et le 25 décembre 2014, c'est-à-dire pendant la période de commandes la plus forte de l'année. Chaque internaute signataire doit déclarer le montant qu'il dépense généralement pour ses achats de Noël, ce qui permet ensuite de calculer le chiffre d'affaires potentiel "perdu" par Amazon sous l'effet du boycott.

Alors que la campagne a été lancée il y a deux jours, le compteur affiche déjà plus de 1,37 millions de livres sterling, soit environ 1,7 millions d'euros. Selon The Guardian, plus de 2400 internautes avaient signé mercredi matin, à un moment où les sommes étaient encore inférieures à 500 000 livres.

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