Aux États-Unis, un chercheur a suggéré d'utiliser des casques à réalité virtuelle pour améliorer les conditions de vie des poulets. Si l'idée part d'un bon sentiment, au-delà des doutes sur la viabilité d'un tel projet, celle-ci ne répond pas aux vrais problèmes de l'élevage intensif.

Extravagante. C'est ainsi que l'on pourrait qualifier de prime abord l'idée très curieuse d'un professeur adjoint rattaché au département du design de l'université de l'Iowa. Celui-ci propose en effet d'améliorer le bien-être des animaux élevés de façon industrielle en utilisant la réalité virtuelle pour leur faire croire qu'ils se trouvent en plein air et non dans des grandes cages, entassés les uns sur les autres.

Imaginée dans un contexte d'élevage intensif des poulets, la solution de ce professeur, rapportée par Big Browser, consiste à fournir à chaque volaille un casque de réalité virtuelle et un tapis roulant, pour lui donner l'impression qu'il se déplace au milieu de ses congénères. Le casque projetterait alors des poulets virtuels au milieu d'un environnement virtuel.

La suggestion du professeur se heurte toutefois à certains obstacles qui font douter du sérieux d'une telle piste. Comment en effet concevoir un casque adapté à la tête d'un poulet, sans que le dispositif ne soit trop encombrant et trop lourd ? Quel serait son prix à l'unité ? Et pour la totalité des poulets qui peuvent se trouver dans un seul hangar d'élevage intensif ?

Si le principe de la réalité virtuelle appliquée aux poulets part manifestement d'un bon sentiment, à savoir la condition de vie des animaux dans l'agriculture industrielle, il serait plus judicieux de porter les efforts à d'autres niveaux, en faisant par exemple respecter des normes minimales d'espace et d'équipement, voire en les durcissant, ou en encourageant un élevage plus traditionnel, c'est-à-dire en plein air.

Selon l'association PETA France, "chaque année en France, plus de 800 millions de poules sont élevées dans d'effroyables conditions", puisqu'elles ne sont jamais exposées au soleil ou à l'air libre. Dans certains hangars, "sans fenêtres et surpeuplés", certaines volailles ont un espace qui n'atteint même pas une page A4. Sans doute est-ce là qu'un effort devrait être porté, plutôt que d'imaginer un Oculus Rift par poulet.

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