Bouygues Telecom a repoussé au 25 avril la "deadline" d'acceptation ou de refus de son offre de rachat de SFR. Vivendi est censé finaliser ses négociations exclusives avec Numericable d'ici le 4 avril prochain.

Numericable arrivera-t-il à arracher SFR malgré l'opposition farouche d'un Arnaud Montebourg promis à des fonctions ministérielles plus importantes, et le forcing exercé par Bouygues Telecom qui n'abandonne pas son projet d'acquisition malgré les négociations exclusives ouvertes entre Vivendi et Altice (maison mère de Numericable) ?

Alors que les discussions de finalisation ouvertes le 14 mars dernier entre Numericable et SFR devaient se poursuivre sur une période de trois semaines, Bouygues a annoncé mardi qu'il laissait lui-même jusqu'au 25 avril à Vivendi pour accepter ou refuser sa propre offre de reprise, révisée le mois dernier. L'opérateur a expliqué "souhaiter permettre à Vivendi de procéder de façon sereine et approfondie à l'examen de son offre et aux échanges que requiert une opération aussi importante".

Initialement, Bouygues avait demandé à Vivendi de répondre au plus tard le 8 avril, soit quatre jours après l'échec éventuel de la finalisation des discussions avec Numericable.

Pour tenter de remporter la mise, Bouygues Telecom propose de verser 13,5 milliards d'euros à Vivendi, contre 11,75 millions d'euros pour Altice. Le groupe propose par ailleurs à Vivendi qui souhaite se désengager au plus vite de conserver 21,5 % du capital de la filiale SFR-Bouygues, alors que le projet d'accord avec Numericable prévoit que la filiale resterait associée à hauteur de 32 % du capital.

Enfin, le groupe de Martin Bouygues est prêt à mettre sur la table un "break-up fee" de 500 millions d'euros versés à Vivendi dans le cas où les autorités réglementaires mettaient leur veto à l'opération de fusion entre SFR et Bouygues Telecom.

L'incertitude sur le feu vert de l'Autorité de la concurrence est le point qui pèse le plus en faveur de Numericable, pour qui l'acquisition ne pose aucun problème juridique. Contrairement au scénario voulu par le Gouvernement pour briser la concurrence sur les prix, le rachat de SFR par Numericable ne changerait rien au nombre d'opérateurs mobiles sur le marché.

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